Critique : Angélique

Créé : 19 décembre 2013 - Simon Riaux
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Angélique, remake improbable, inattendu et inutile de l'indéboulonnable Angélique, Marquise des anges éclabousse actuellement les écrans hexagonaux. Précédé d'une rumeur de catastrophe industrielle, le film fait pour une fois tout à fait honneur à sa réputation, la dépasse même pour entrer instantanément au panthéon des nanars cosmiques.

On se réjouissait pourtant de découvrir un film de cape et d'épées au budget honorable, un récit d'aventure dont la note d'intention promettait en sus de jouer des charmes de la sublime Nora Arnezeder. Hélas, s'il y a beaucoup de capes, les épées sont le plus souvent au fourreau (exception faite d'un duel pathétique), quant à la malheureuse Angélique, ses atours ne sont pas toujours mis en valeur par la proximité envahissante du postérieur de Gérard Lanvin. On s'étonnait de la faible durée d'un film au scénario particulièrement dense, mais le traitement expéditif de chaque rebondissement, s'il dynamise artificiellement le rythme, condamne effectivement la chose à la brièveté d'une première saillie de puceau mal dégrossi.

Expéditif et creux, le métrage est également d'une laideur inédite. Photographié par le prestigieux Peter Zeitlinger, le résultat tient de la pure abomination et l'on fait confiance à Ariel Zeitoun lorsqu'il parle dans le dossier de presse des « choix insensés » de son directeur de la photographie, collaborateur historique de Werner Herzog. Un saccage visuel encore aggravé par la présence envahissante d'images d'archives tout droit sorties des années 80, floues et granuleuses, qui poussent sérieusement l'ensemble dans la direction de l'amateurisme. Dans le dossier de presse, le réalisateur explique ne pas avoir voulu « montrer de la mise en scène », on le croit volontiers tant l'ensemble ressemble à un docu-fiction de France Télévision tourné par des otaries bourrées à la bière.

Les dites otaries souffrent d'ailleurs d'un doublage calamiteux (co-production oblige, le casting n'est pas exclusivement francophone), qui assèche le peu de panache de dialogues tout droit sorti d'un manuel scolaire de COTOREP. Malheureusement, ce ne sont pas leurs collègues français qui pourront quoi que ce soit pour eux, récitant un texte mollasson comme autant de ravis de la crèche, aucun ne parvient à endiguer la navrante bêtise d'une mise en scène navrante (l'ellipse dite de la balançoire est appelée à faire école). Mention spéciale à Mathieu Kassovitz « pur miracle »

On l'aura compris, Angélique n'est pas un film d'aventure, pas plus qu'une romance ou une œuvre historique. C'est un film d'Ariel Zeitoun, le réalisateur de XXL, Bimboland ou encore Yamakasi. À savoir un produit non fini, traité par dessus la jambe, peut-être respectueux de l'œuvre originale mais qui n'hésite pas à cracher copieusement à la figure du spectateur.

Résumé

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