La Belle et la Bête : Critique

Créé : 12 février 2014 - Laurent Pécha

Treize ans après le carton retentissant du Pacte des loups (plus de 5 millions de spectateurs, de loin le film de genre français le plus populaire depuis deux décennies) suivi d'un passage décrié par la case « américaine » avec une adaptation de Silent Hill, Christophe Gans revient en France avec un nouveau projet monstre. Rien moins qu'une nouvelle version de La belle et la bête rendu populaire au cinéma par Cocteau et Disney. Pas de doute, l'ancien rédac chef de la revue culte, Starfix, immense cinéphile devant l'éternel, aime les défis. Et si comme par le passé avec ses précédentes sorties, l'œuvre est loin d'être parfaite, elle est si ambitieuse dans le marasme de la production grand spectacle française qu'elle parvient à emporter l'adhésion de bout en bout.  

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Il suffit d'une introduction spectaculaire à base de naufrage de navires pour saisir l'ampleur du projet cinématographique que Gans nous a concocté. En quelques plans à la beauté étourdissante, le cinéaste donne le ton d'un film qui va imposer une direction artistique le plus souvent virtuose quand elle n'est pas jouissivement référentielle - on ne compte plus les emprunts / hommages / réinterprétations à une kyrielle de films que Gans adore depuis si longtemps.

 

 

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Si Gans continue à faire du Gans, quitte à laisser sur le carreau ceux qui n'apprécient pas cette manière de concevoir son art, il n'en demeure pas moins que sa Belle et la bête est de loin son film le plus mature. En résulte, un récit qui, du moins dans ses deux premiers tiers, pourrait presque apparaître sobre.  On apprécie ainsi la volonté du réalisateur de chercher avant tout à nous faire croire à cette incroyable et improbable histoire d'amour. S'il manque parfois un soupçon de flamme émotionnelle dans la romance hors du commun qu'interprètent Vincent Cassel et Léa Seydoux (tous deux excellents au demeurant), les grandes lignes du conte sont bien présentes et s'avèrent constamment enrichies par ce désir d'illustration propre à Gans. Au point même parfois de combler certaines lacunes « historiques » en tentant avec un réel brio d'inventer un passé judicieux à la malédiction de la bête.

 

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Unique en son genre dans nos contrées, ayant l'intelligence de ne jamais affronter Cocteau sur le terrain du merveilleux malgré quelques clins d'œil bienvenus, généreux en diable à l'image d'une dernière partie rocambolesque où l'on retrouve le Gans du Pacte des loups, La Belle et la bête fait fi de ses maladresses (une direction d'acteurs parfois en roue libre notamment avec Eduardo Noriega, certains effets visuels pas totalement aboutis) pour imposer un enthousiasmant spectacle féérique populaire dont on n'a plus qu'à espérer qu'il donnera des idées à d'autres artistes et financiers hexagonaux.

 

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