Critique : La Clinique de l'amour !

Sandy Gillet | 27 juin 2012
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Artus de Penguern est un réalisateur trop rare. Le grand public connaît pourtant très bien sa trogne arrivant même à y mettre un nom. C'est que l'acteur a déjà à son actif près de 90 films (télé et cinéma) sans que pour autant on n'arrive jamais à lui coller un film référent. Sorte de clown triste à la dégaine passe-partout, il doit souvent composer avec des personnages en décalage avec leur environnement dont il tire au final une petite note de musique un peu borderline qui fait du bien. Un film comme Saint-Jacques... La Mecque de Coline Serrau serait vite oubliable sans son jeu fait de précision et d'outrances verbales savoureuses. Mais on se souvient surtout de Grégoire Moulin contre l'humanité, une farce énooooorme qu'il avait co-écrite et réalisée, où chaque plan respirait l'amour du cinéma nonsensique et loufoque teinté d'un humanisme candide de bon aloi. Il faut croire que cette comédie faisait tâche dans le paysage car il aura donc fallu attendre douze ans pour admirer sa nouvelle création azimutée.

Il faut tout d'abord préciser que le titre du film est une sorte de mashup entre La clinique de la forêt noire et Les feux de l'amour ce qui te permettra ami lecteur de situer tout de suite où tu mets les pieds. Soit une comédie ouvertement parodique des codes et clichés que véhiculent ces soap opera rappelant quelque peu la méthodologie employée en son temps par les ZAZ. À la différence tout de même que l'histoire n'est pas laissée sur le bas-côté ou juste propice à une avalanche de gags certes gratifiant pour nos zygomatiques mais forcément frustrant ou lassant à la longue. Certes, il y a bien quelques baisses de régime de temps à autre mais la force du film réside bien dans sa surenchère assumée et par des situations qui s'imbriquent parfaitement renforçant la cohérence comique de l'ensemble. Bref plus c'est gros et plus on se marre à gorge déployée. Artus de Penguern sachant de surcroit s'entourer d'une brochette d'acteurs à l'unisson de son projet peu commun dans la production du moment. À commencer par le personnage qu'il s'est octroyé d'anti héro contrit d'amour pour son infirmière (sublime Héléna Noguerra) et manipulé par son arriviste de grand-frère (Bruno Salomone parfait) sorte de caricature ultime du Dr. Christian Troy de la série Nip/Tuck.

On pourrait tous les citer. Natasha Lindinger en infirmière SM, avide et garce de son état (ne s'appelle-t-elle pas Samantha Bitch). Anne Depetrini, autre infirmière qui en veut à tous les hommes suite à son divorce encore tout frais. Dominique Lavanant en standardiste de la clinique au sombre passé... Pas le temps de s'ennuyer donc entre les moments de pure poésie (l'épisode canadien qui rend hommage à sa façon à La ruée vers l'or de Chaplin) ou de pure folie foutraque (presque tout le métrage) qui font de cette Clinique de l'amour un intense épisode de bonheur cinématographique décalé et jubilatoire.

Résumé

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