Critique : Texas chainsaw 3D

Patrick Antona | 11 avril 2013
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Grand cromiquetaine cinématographique ayant ouvert la voie à Jason et autre Freddy, Leatherface ne cesse de se réincarner en suites, remake, préquelle et variations avec des fortunes diverses, et ce depuis le matriciel Massacre à la Tronçonneuse réalisé en 1974  par Tobe Hooper. Dernière tentative (en date) de revitaliser la "franchise" en usant du gimmick du relief censé rendre l'horreur plus intense, Texas Chainsaw 3D tente d'allier une vision introspective en se focalisant sur le destin de la famille de Leatherface, tout en se situant dans la mouvance redneck de l'original, avec une intrigue qui démarre pile poil après la fuite hurlante de Sally sous le soleil mortel du Texas.

Mais ce qui aurait dû être un rollercoaster trash et enlevé (à l'image de  l'opus 2 de 1986 ou du remake de Marcus Nispel) se réduit à une suite de moments déjà vus dans le genre slasher (massacre des amis de l'héroïne, siège du van après poursuite épileptique, équarissage) brouillée par un scénario faiblard qui tente de se raccrocher aux branches du thème de la "famille" initié par une introduction pourtant plus que prometteuse. Les quelques tentatives d'humaniser le perso Leatherface (identifié sous le nom de Jed Sawyer) dans un dernier tiers bien laborieux en motivant ses actions meurtrières, tout en l'ancrant dans un monde bien réel, finissent par enterrer les quelques ambitions qui auraient du mettre la mythologie Leatherface sur de nouveaux rails.

Les limites de la subversion du genre sont vite atteintes en confrontant le boogeyman à des humains aussi cruels que lui, à contrario de ce qu'avait réussit à faire Rob Zombie dans The Devil's Rejects. John Luessenhop (responsable du mauvais Takers déjà) ne réussit jamais à nous rendre sensibles à ce nouveau visage de Leatherface. Il en va de même pour la quête d'identité de la bombesque Heather (incarnée par Alexandra Daddario vue dans la série des Percy Jackson) et ses motivations personnelles qui amèneront un rebondissement final incohérent. Comme si les agissements antérieurs de la famille Sawyer pouvaient être passés à la trappe ! Au final, tous ces méandres scénaristiques ne se révèlent être que pure fumisterie et polluent une intrigue qui aurait gagné à être resserrée.

Dans le positif, on peut tenter de se raccrocher à une mise en scène correcte (quoi que trop propre eu égard aux canons de la série), une utilisation de la 3D qui privilégie les gros plans de tronçonneuse "dans ta face", quelques effets gore qui ont survécus aux coupes que l'on devine aisément, et une propension aguicheuse à nous montrer les charmants postérieurs d'Alexandra Daddario et Tania Raymonde. Un bilan bien maigre quand on se rappelle l'ambition originelle de remodeler l'icône Leatherface. Car, en l'état, Texas Chainsaw 3D n'est rien moins qu'un simple slasher bancal, et même pas effrayant de surcroît. Un comble !

 

Résumé

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