Black Swan : critique noire

Créé : 26 avril 2016 - Laurent Pécha

Après PiRequiem for a Dream, The Fountain, et The WrestlerDarren Aronofsky filme la plongée en enfer d'une danseuse fragile dans Black Swan. Oscar de la meilleure actrice pour Natalie Portman, entourée de Mila KunisVincent Cassel et Barbara Hershey.

Photo Natalie Portman
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The Wrestler dans le monde du ballet ! Black Swan, c'est presque ça et Darren Aronofsky ne s'en cache pas un instant. Au contraire, il le revendique, lui qui avait un temps imaginé que les deux films aient pu n'en faire qu'un, la trop grande différence entre le milieu du catch et du ballet l'ayant incité à développer deux histoires et projets distincts. A Ecran Large, évoquer un parallèle avec The Wrestler, chouchou de la rédac en 2009, c'est tout de suite placer son successeur sur un sacré piédestal. Alors, certes, Aronofsky n'atteint pas ici le sommet d'émotions qui lui avait permis de remporter le Lion d'Or à Venise en septembre 2008, mais il le tutoie à de telles reprises qu'il en fait instantanément un des films incontournables de l'année 2011 (la sortie est prévue en mars).

 

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Et il emploie pour ça SA nouvelle méthode, celle de coller au plus près de son principal protagoniste. A l'instar de son catcheur, on ne va pas lâcher d'un chausson, Nina, future étoile du ballet dirigé par le redouté Thomas Leroy (Vincent Cassel, très à son avantage en directeur manipulateur et vicieux). Encore sous le joug de sa mère (la revenante Barbara Hershey), Nina est à la recherche constante de la perfection... Elle est le cygne blanc, l'une des deux faces de l'héroïne du ballet inspiré par la musique de Tchaïkovski. Seul souci, Nina n'arrive pas à appréhender le cygne noir, le versant sombre du personnage, au contraire de la nouvelle venue, Lilly (Mila Kunis, charnelle en diable) qui risque de lui prendre la place qu'elle a toujours convoitée.

 

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Les enjeux sont clairement et implacablement établis par un Aronofsky qui va dès lors s'efforcer de donner à ce drame des penchants fantasmagoriques de plus en plus poussés. Les fans de la première heure, Requiem for a dream en tête, retrouveront alors avec bonheur cette capacité du réalisateur à plonger dans un délire visuel totalement maîtrisé et à l'efficacité redoutable. Entre drame intimiste (la relation déchirante entre Nina et sa mère), thriller tendu (qui héritera du rôle ?), découverte minutieuse d'un univers méconnu (le ballet), Black Swan mélange les genres avec une maestria constante.

 

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Mais la grande idée du film, c'est de récidiver comme Rourke dans The Wresler dans le mimétisme entre le rôle à l'écran et l'actrice qui l'incarne. Même si ce dernier n'est pas aussi troublant, on ne peut être que médusé par la performance exceptionnelle de Natalie Portman bataillant corps et âme (dans le sens le plus littéral du terme) pour parvenir à incarner ce cygne noir, elle à qui on a plus d'une fois reproché dans sa carrière le côté fade et trop propre sur elle. Ceux qui doutaient (encore) du talent de la comédienne vont en prendre pour leur grade : l'Oscar lui tend les bras (MAJ : et c'est fait depuis le 28 février 2011) tant l'actrice, physiquement transformée, offre une palette d'émotions absolument vertigineuse, tout en se mettant constamment en danger, que ce soit dans les magnifiques séquences de ballet (après le catch, Aronofsky montre qu'il maîtrise tout autant cet univers très codifié) ou dans des scènes nettement plus osées, dont une à l'érotisme torride.

  

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Résumé

A l'image d'un final dantesque, où Portman vampirise littéralement tout l'écran, Black Swan s'impose comme une œuvre majeure, de celles qui continuent de livrer ses secrets à chaque nouvelle vision. A ranger tout près de l'autre référence du genre, Les Chaussons rouges.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Gaspard 26/04/2018 à 23:08

Ennuyeux, con et totalement surestimé, le début de la déception concernant Aronofsky pour moi! Mais je lui pardonne tout parce que The Fountain et Mother! Je préfère Perfect Blue que ce film pille allègrement!

corleone 26/04/2018 à 22:56

J'aurais eu envie de dire le maestro Aronovsky au sommet de son art si le magistral MOTHER! n'existait pas.

maxleresistant 26/04/2018 à 21:14

Un film superbe, le meilleur aronofksi avec the wrestler et Requiem for a dream

annatar 16/03/2015 à 18:43

Black swan , à mi chemin entre répulsion et phantom of the paradise est une petite perle qu'il faut voir plusieurs fois afin de bien pouvoir en apprécier les qualités. Toutefois, ce qui saute aux yeux et ce dès la première vision , c'est évidemment la très bonne interprétation de portman mais aussi de tous les seconds rôles. On reconnait bien également la patte aronofsky, black swan s'avérant un mélange de the wrestler de par son aspect minimaliste, mais aussi de son chef d'œuvre requiem for a dream . A noter également l'excellente partition musicale signée clint Mansell contribuant à faire de black swan un film des plus remarquables , quoique difficile d'accès.

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