Critique : Sens de la vie pour 9.99$ (Le)

Thomas Messias | 21 avril 2009
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Avant d'être cinéaste (il a reçu la Cémara d'Or en 2007 pour Les méduses), l'israëlien Etgar Keret est d'abord écrivain, et notamment auteur de petits contes moraux qui rencontrèrent un franc succès dans de nombreux pays. Le sens de la vie pour 9,99$ en est une compilation animée, mêlant notamment un ange gardien taciturne, trois types minuscules mais encombrants, un petit garçon et sa tirelire-cochon... C'est un film étonnant à tous points de vue, la technique d'animation étant aussi étrange que les situations traitées. Et le tout forme un cocktail assez détonnant, semblant un rien bancal du fait de son animation parfois rudimentaire, même si celle-ci en fait un peu le charme.


Inspiré par un israêlien, réalisé par une australienne, Le sens de la vie pour 9,99$ ressemble pourtant à un film scandinave. D'abord pour l'immobilisme des décors et des êtres, l'immeuble où se déroule l'action finissant d'ailleurs par ressembler à une prison dont il est difficile de s'évader. Mais également pour le ton, pince-sans-rire mais impitoyable, passant imperceptiblement d'un moment d'infinie tendresse à un instant d'une cruauté sans nom. En ressort une impression de total désenchantement, comme si le passage à l'âge adulte n'apportait que des déconvenues. Seul le gamin du film parvient en effet à rester en paix avec lui même ; le message est facile mais vraiment bien amené.


C'est de toute façon une véritable curiosité : voir ces petits bonshommes en silicone s'agiter et chercher (plus ou moins) le sens de la vie a quelque chose d'irrémédiablement intrigant, et même si l'ensemble peut donner l'impression de n'aller nulle part, c'est peut-être simplement parce cette quête n'a justement aucune chance d'aboutir, l'existence n'étant selon Rosenthal et Keret qu'un petit tour de prestidigitation qu'il convient d'apprécier comme tel. Joli tour.

Résumé

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