Harry Potter et les reliques de la mort (partie 2) : critique à la baguette

Nicolas Thys | 30 août 2017 - MAJ : 04/09/2018 00:02

Harry, Ron et Hermione et les autres sont devenus grands. Dix années ont passé depuis le premier épisode réalisé par Chris Colombus, les acteurs ont pris des cours de comédie et un peu de relief, ils ont surtout gagné en maturité et les films en profondeur. De l'univers coloré et sage du début il ne reste que des ruines dans ce dernier Harry Potter et les reliques de la mort (partie 2) de David Yates.

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YEATSTRUCTION

Il aura fallu deux films à David Yates pour parvenir à ses fins dans la première partie de l'épisode 7 et transformer un univers enchanteur en champ de ruines. Parfois un peu rapide, comme certaines séquences de cet opus ci, il y relisait pourtant brillamment un tome dense en cherchant à récupérer par bribes des éléments qui tendraient vers un final grandiose, comme une cavalcade vers cette magnifique seconde partie, au rythme général plus calme mais pourtant avec davantage d'action.

 

Ralph Fiennes

 

Ici le retour aux sources est évident, mais l'univers a changé. Retour chez Gringotts, dans le chemin de traverse, à Pré-au-lard et à Poudlard, pourtant les lieux sont méconnaissables et vides, on les voit à peine et même les pièces de l'école semblent différentes. Le Harry du début n'est plus qu'un fantôme qui erre parmi d'autres fantômes dans un territoire sans vie, noir, gris et terne comme jamais que la magnifique lumière d'Eduardo Serra parvient à sublimer.

 

Le fameux trio, une dernière fois

 

Les protagonistes sont sans repère, réduits en esclavage, à moitié désespérés, et c'est à une lutte sans merci pour leur survie qu'ils se livreront. Les professeurs semblent avoir vieilli, les héros sont souvent ensanglantés, ravagés par les aléas d'un quotidien qui les mine et Voldemort est de plus en plus présent. Les gros plans sur son visage défiguré sont nombreux, et la misère qui règne porte sa marque. Pourtant on est loin de la grandiloquence de masse de certains films épiques. Dans cette recherches de morceaux d'âmes, de bribes de vie qui naissent par les larmes et d'armes décisives pour la survie d'un univers, c'est à une lutte intime tout autant que commune à l'ensemble des êtres vivants que se livrent les personnages. Et c'est comme si les tourments des uns et des autres venaient à être projetés sur l'ensemble du monde magique.

 

Rends moi mon nez

UN FILM A DU NEZ

Mais l'intérêt de la mise en scène de David Yates, réside dans sa manière de conjuguer la magie des effets spéciaux bien marqués et le réalisme de certaines séquences. Il commence doucement, n'utilisant le numérique que par touches, avant de le laisser se déployer pour envahir un monde mis sans dessus dessous par des éléments magiques utilisés à mauvais escient. Le réalisateur opère véritablement un combat entre deux états d'esprit, combat qu'il met surtout en place dans cet épisode entre finalement, les partisans d'un monde où humains et magiciens pourraient coexister, et les autres qui n'aspirent qu'à une magie totale.

A n'en pas douter, ceux qui ont aimé le précédent épisode ne seront pas déçus tant cette seconde partie mortifère en est la suite idéale et la conclusion rêvée de la saga portée sur grand écran. Même les lecteurs devraient y trouver leur compte. La plupart des séquences importantes du livre sont présentes, et le réalisateur apprivoise le roman et se l'approprie sans le trahir. Y figure même l'épilogue inutile et niais, heureusement bien raccourci.

 

 

 

Résumé

Ainsi s'achève une des sagas (si ce n'est la) les plus rentables de l'Histoire du cinéma, dans une conclusion logique et sans surprise mais sans défaut particulier non plus. Une sortie réussie donc.

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