Le Hobbit : Un voyage inattendu - critique qui part à l'aventure

Damien Virgitti | 2 octobre 2017 - MAJ : 08/09/2019 11:43

Après Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson replonge en Terre du Milieu avec une nouvelle trilogie consacrée à Bilbo Sacquet dont voici le premier opus Le Hobbit : Un voyage inattendu

NB: Lors de la projection, le film a été vu en 3D et en 24 images/secondes. 

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UN FILM SACQUET ?

A l’annonce l’été dernier que Peter Jackson adapterait bien Bilbon le Hobbit en 3 films de plus de deux heures chacun, nombreux sont ceux, des critiques jusqu’aux fans de Tolkien les plus convaincus, qui avaient pris peur. Finie la petite polémique de techniciens sur la viabilité d’un film tourné en 48 images par secondes, tout le monde se demandait surtout comment le metteur en scène, connu pour sa boulimie visuelle, allait transposer un conte pour enfants limité à un peu plus de 300 pages en une saga fleuve qui allait se dérouler sur 3 ans tout en évitant soigneusement de transformer un patrimoine culturel en projet cinématographique aux envies bassement mercantiles.
 
 

Image 619670Martin Freeman

 
Le nouveau découpage des films, reléguant la première partie à un long film d’introduction débarrassé des réels morceaux de bravoure du livre, n’avait rien non plus pour rassurer. Le produit final, construit sur un succès depuis longtemps acquis, ne cherche bien évidemment pas à départager l’un ou l’autre des deux camps : le public néophyte risquera fort de rester sceptique à la fin du film tandis que les fans de la première saga ne pourront que s’incliner devant la majestuosité de certaines séquences. Car oui, en l’état, ce premier segment du Hobbit sent bon le remake du Seigneur des Anneaux au travers de ses péripéties et de ses personnages. Mais nom d’une pipe de Hobbit, quel remake !
 
 

Image 619671Allez on se fait la liste des 13 nains ?

 

UN HOBBIT PRENANT

Neuf ans après la fin du Retour du RoiPeter Jackson et son équipe semblent avoir pris toute la mesure de ce qui fait la poésie cinématographique de l’univers de Tolkien et l’injecte toute entière dans ce premier film qui force le respect par son ambition et les moyens déployés dans chaque scène.
Tout d’abord visuellement, l’avancée technologique aidant, Le Hobbit : Un voyage inattendu surpasse à de nombreux moments la trilogie de l’Anneau. Oubliés, les bons matte paintings un peu vieillis dans la saga originelle, chaque effet visuel de ce nouveau voyage est à tomber et nous assène une claque à chaque plan : des retrouvailles avec les Hobbits de la Comté (les clins d’oeil à la saga bien connue font mouche) jusqu’aux explorations de repères souterrains envahis par des gobelins, en passant par les randonnées arides de la compagnie des Nains au milieu de montagnes littéralement vivantes, il y a bien lieu de s'extasier.
 
 

Image 619682Radagast

  
Un spectacle de chaque instant aidé par une mise en scène qui a résolument gagné en maturité depuis que Peter Jackson s'est fait la main sur une autre super-production, King Kong. Si on pouvait craindre que le barbu néo-zélandais renoue avec ses éternelles envolées de caméra à travers les multiples décors en maquette, empêchant parfois le spectateur de bien appréhender l’univers du film, il n’en est rien. Le cinéaste semble plus posé et prend plus à cœur d’entraîner le spectateur dans cet univers qu’il affectionne tant.
 
A ce titre, la course poursuite des nains dans de longs tunnels souterrains infestés de gobelins se révèle être un véritable jeu de plate-forme prenant vie sous nos yeux et renouvelle de bien belle façon le plaisir éprouvé devant la séquence des mines de la Moria dans La Communauté de l’Anneau. Plus de dix ans après avoir redonné ses lettres de noblesse à l’héroïc-fantasy au cinéma, Peter Jackson montre qu’il reste un maître dans le genre et n'a de cesse, ici, d'en remontrer à tous les réalisateurs qui ont tenté de le copier.
 
 

Image 619673Elrond est également de retour

 

GANDALF ET LES TREIZE NAINS

Une immersion en terre du milieu aidée par un bestiaire de plus en plus travaillé et enfin, réellement incarné. Le premier exploit du film est bien de nous rendre complètement attachants les treize nains héros du film. Des personnages travaillés, servis par un casting visiblement conquis par la passion du réalisateur, de Martin Freeman dans le rôle titre, qui assure avec brio la transition avec le jeu de Ian Holm tout en apportant son flegme so british, à Richard Armitage en chef des nains, qui apporte tout son charisme à ce héros déchu. Peter Jackson utilise ainsi à bon escient une structure narrative plus légère que la saga phare de Tolkien pour mieux prendre le temps de développer ses héros et exploiter toute leur évolution dramatique.
 
 

Image 619667Ian McKellen

 
Et c’est bien là que les scénaristes ont trouvé toute la parade pour justifier la mise en place de cette nouvelle saga fleuve. En parallèle du récit principal, ils en profitent pour élaborer une menace plus grande et assurer ainsi la transition avec le récit majeur de la guerre de l’Anneau. L’orque Azog par exemple, dès cette première partie, offre une réelle menace. Jackson et ses scénaristes, en piochant avec intelligence dans la mythologie foisonnante créée par Tolkien, offrent une vision prometteuse de l’univers de l’auteur transposé au cinéma. On pourra juste ergoter sur le caméo un peu longuet d’Elijah Wood (pas du tout raccord avec ses dix ans de plus) ainsi que sur l’apparition intempestive d’un magicien visiblement sous LSD, même si ces éléments ne font qu’égayer le folklore Tolkiennien.
  
 

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Résumé

Les éternels détracteurs de l’épopée trouveront toujours de quoi râler, mais par leur ambition, Peter Jackson et son équipe ont trouvé de quoi magnifier un conte pour enfants et lui donner un souffle épique et une ampleur qui se retrouvent dans chaque scène. Si ce voyage était inattendu pour ce bougre de Bilbon, il risque fort bien de ne pas l'être pour les aficionados du Seigneur des anneaux.

Autre avis Geoffrey Crété
La machine se relance péniblement et avec une magie très artificielle. La faute à des personnages mal dégrossis, une surcharge de CGI et une intrigue plate, cet interminable Voyage inattendu manque d'étincelles et de force.

commentaires lecteurs votre commentaire !

José
03/10/2018 à 18:12

Très déçu par cette trilogie qui est bien loin de LOTR.
Le 1ere est tout juste passable, le 2ème bien mieux et le 3ène interminable ...

Voila ce qui arrive qd on adapte aux forceps un livre pr enfants de 100 pages...
C''est comme si tout le SDA fut adapter en un film unique d'1h30.

Opale
03/10/2018 à 14:44

Grand fan de LOTR (dans mon top 10 de tous les temps) cette trilogie est tout de même un sacré cran en dessous, néanmoins cela reste le haut du panier parmi les blockbusters de la même époque et même depuis... D'accord avec Patman, la musique, si puissante, inoubliable dans LOTR, est insignifiante ou presque dans le Hobbit. Cette trilogie en versions longues se laissent toujours bien regarder et gagne même une certaine patine atténuant, un peu, la distance avec sa glorieuse ainée cinématographique.

Patman
02/10/2018 à 22:22

"On pourra juste ergoter sur le caméo un peu longuet d’Elijah Wood (pas du tout raccord avec ses dix ans de plus)"

Pour moi, c'est surtout Orlando Bloom et Ian McKellen qui choquent, faisant beaucoup plus vieux dans ce film que dans la trilogie du LOTR, sans compter le changement de couleur d'yeux pour Orlando Bloom.
Mais ça reste plaisant à regarder, même si personnellement je trouve les décors et la musique beaucoup moins intéressants que dans la trilogie du LOTR.

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