Coraline : Critique

Flavien Bellevue | 8 juin 2009

Il était une fois, un réalisateur surdoué de l'animation qui fit la rencontre d'un auteur réputé pour ses œuvres littéraires fantastiques. Ils décidèrent alors de collaborer ensemble sur un projet de film. Le résultat n'est autre que l'adaptation d'un conte lugubre de l'écrivain, Neil Gaiman, nommé Coraline d'après le nom de l'héroïne. Le réalisateur, Henry Selick, a la tâche de nous plonger dans les méandres des deux mondes de la jeune fille aux cheveux bleus qui cherche un équilibre parfait avec ses parents. Pour y parvenir, le réalisateur s'est entouré des meilleurs animateurs car il a eu l'idée d'utiliser cette fois-ci la 3D...et à bon escient.

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Mais avant toute chose, place à l'histoire ou au scénario adapté dans notre cas. Henry Selick signe ici son premier scénario intégral ; ses deux précédents longs-métrages d'animation, L'Etrange Noël de Monsieur Jack et James et la pêche géante, n'avaient eu que sa collaboration. Si le réalisateur demanda conseil à l'écrivain durant la première version du scénario, il se rendit compte qu'il écrivait tout sauf un film. C'est donc sans l'écrivain que le metteur en scène/scénariste a pu créer une première version de Coraline le film. A mi-chemin entre Le magicien d'Oz et Alice au pays des merveilles, le conte noir de Neil Gaiman voit une jeune fille qui emménage dans une grande et vieille maison victorienne d'un trou perdu de l'Oregon. Tout y est terne ou gris : le temps, les voisins et pire, les parents. Que ce soit sa mère ou son père, Coraline n'arrive pas à attirer leur attention alors qu'ils sont préoccupés par leur emménagement et leur travail. Néanmoins, elle fait la connaissance de Wyborn, un petit garçon étrange et bossu qu'elle maltraite quelque peu et d'un chat noir qui rode à ses côtés. Ce n'est qu'en découvrant une petite porte dans le salon de sa nouvelle maison que Coraline va pénétrer dans l'Autre monde...

 

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Cet Autre monde est la vision parfaite de Coraline : il fait beau, le jardin de sa maison ont des couleurs et ses parents ont du temps à lui consacrer. Sa mère fait la cuisine contrairement à la réalité où elle délègue cette tâche à son mari qui n'est pas des plus fins gourmets. La vie semble donc plus rose mais les parents de l'Autre monde veulent peu à peu garder notre héroïne et remplacer ses yeux par des boutons comme tous les autres habitants de ce monde. Ce qui était un rêve éveillé devient alors un cauchemar enchanté, où l'Autre mère domine et se change en une sorte de Cruella d'Enfer aux mains d'argent (voire aux mains de Freddy Krueger lorsqu'elle gratte une porte). Reste le chat noir mystérieux qui a la faculté d'aller d'un monde à l'autre, d'avoir la parole dans l'Autre monde et qui devient le guide de Coraline. 

 

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Si vous pensez retrouver l'univers de L'étrange Noël de Monsieur Jack dans Coraline, détrompez-vous, car le film n'en garde que quelques traits et l'animation stop motion pour les personnages. Exit la comédie musicale qui ici devient une sorte de conte noir, presque une fable où plane une ambiance de suspense retranscrite merveilleusement par les partitions de Bruno Coulais secondé parfois par Laurent Petitgirard. Une des plus belles musiques du compositeur français qu'on retrouve ici avec surprise. Les progrès technologiques ont également évolués et permettent au réalisateur d'avoir une mise en scène de suspense et de l'horreur pour enfants au détour de quelques plans obliques ou en contre-plongée. Henry Selick ne se refuse donc rien pour raconter cette histoire avec les moyens de la 3D qui ajoutent à l'effet d'angoisse (via la profondeur de champ notamment). Pour l'occasion, il mêle l'animation d'antan, la stop motion (animation image par image), à l'animation numérique en jouant avec les personnages et certains décors. Cela donne des séquences complexes de rêves où l'art pictural est célébré aussi bien sous sa forme abstraite qu'impressionniste.

 

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Coraline tient aussi à son casting de voix avec Dakota Fanning dans le rôle titre face à une Teri Hatcher qui donne ici une autre voix à une autre mère « Desperate Housewife ». C'est également avec plaisir de retrouver la voix inquiétante et grave de Keith David pour le rôle du chat mystérieux ainsi que celle des célèbres AbFab Jennifer Saunders et Dawn French qui incarnent un duo de vieilles femmes qui semblent issues du monde du spectacle pour adultes... Cela reste tout de même pour les enfants. Quant à Ian McShane, il prête sa voix à un étonnant chef de cirque slave qui entraîne des souris et ajoute une pointe de vaudeville au film. 

 

Résumé

Le monde de Coraline est donc à découvrir, même si en soi, l'histoire et sa morale sont classiques ; l'aventure, elle, est assez originale pour passer à côté. Attention, le film peut effrayer les plus petits esprits et s'adresse à un public de 7 à 77 ans voire plus.

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