Critique : Snow cake

Erwan Desbois | 23 janvier 2007
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De tous les genres cinématographiques, le mélo est sûrement l'un des plus délicats à aborder correctement car c'est l'un des plus balisés – et l'arrivée massive de la concurrence des séries TV ne fait rien pour arranger cela. En plus de ces éléments extérieurs, Snow cake part avec comme entrave potentielle un script particulièrement chargé en pathos. un homme tout juste libéré de prison qui prend en stop une jeune fille, laquelle meurt quelques kilomètres plus loin dans un accident, c'est déjà beaucoup ; qu'en plus l'homme se sorte indemne de l'accident et découvre en allant annoncer la nouvelle à la mère de la décédée que celle-ci est autiste, cela peut faire beaucoup trop.

Et pourtant, Snow cake parvient presque à nous convaincre et à nous émouvoir sans retenue. Le réalisateur gallois Marc Evans, méconnu et jusqu'à présent plutôt spécialisé dans le cinéma à frissons, se montre certes limité en termes d'idées de mise en scène – l'unique horizon de cette dernière étant le placement de chansons douces-amères en conclusion de la moindre séquence un tant soit peu touchante (on sent que Grey's anatomy est passé par là). Mais il sait aussi trouver exactement la bonne distance pour filmer ses acteurs prestigieux, évitant et la caricature et le trop grand sérieux.

Alan Rickman et Sigourney Weaver (citons aussi Carrie-Anne Moss, dans un second rôle qui prend de l'épaisseur au fil du récit) donnent ainsi la pleine mesure de leur talent pour imprégner le film d'une belle sincérité. La performance de la grande Sigourney est bien sûr la plus marquante, l'actrice faisant de son personnage non pas une victime à plaindre mais une femme forte et déterminée à profiter de la vie. Pour elle, on serait presque prêt à passer l'éponge sur la banalité de la réalisation ainsi que de certaines situations et répliques.

Résumé

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