Le Labyrinthe de Pan : Critique

Vincent Julé | 27 mai 2006

Pourquoi les fans de Guillermo Del Toro, professionnels comme amateurs, se sont-ils évertués à faire du Labyrinthe de Pan une fresque fantasmagorique, un conte de fée horrifique alors même que l'auteur l'annonçait comme une annexe de L'échine du diable

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Une information, une note d'intention même, passée sous silence ou noyée au milieu des superlatifs sur l'ambition du projet, sa radicalité, sa puissance visuelle. Il suffisait d'ailleurs de jeter un oeœil sur les photos en double page de deux (le cornu et les yeux de la main) des créatures de l'incroyable bestiaire du film. Allions-nous enfin avoir le droit à une Alice au pays des merveilleuses horreurs, à une alternative à l'adaptation de Wes Craven, (mal)heureusement abandonnée, du jeu vidéo American McGee's Alice ? Rien de tout ça. Si Guillermo Del Toro est revenu en Espagne cinq après L'échine du diable, c'est pour une fois encore se pencher sur l'histoire du pays, non plus la guerre civile mais une autre période trouble, la fin de la Seconde guerre mondiale. La formule par contre reste la même, puisque le fantastique (les créatures remplaçant les fantômes) sert de prétexte, de toile de fond à un drame politique et humain, où les enfants ne tiennent jamais le bon rôle. Celui de victime, directe ou indirecte.

 

 

Moins complexe et plus touchante que L'échine du diable, cette déclinaison ne se révèle pourtant jamais à la hauteur des attentes, ou à ce qui pourrait les faire oublier. La jolie et tragique histoire d'Ofélia se déroule alors sans originalité, sans surprises et surtout sans envergure. Un récit en mode mineur qui permet tout de même au réalisateur mexicain de revisiter avec talent sa mise en scène et son esthétique. Le long-métrage est ainsi plongé en permanence dans l'obscurité et les rares voyages au cœur du labyrinthe en viennent à poser la question de savoir si Tim Burton est bien le metteur en scène qui pérennise le mieux cet esprit gothique et enchanteur au cinéma. Le Labyrinthe de Pan apporte un début de réponse, mais ne satisfait pas complètement.

 

 

 

En effet, l'incroyable bestiaire se résume en fait à trois monstres (dont les deux déjà connus) pour presque autant d'apparitions. Le spectateur souhaiterait presque entendre la sirène d'alarme de Silent Hill pour voir débarquer Pyramid Head ! Mais c'est aussi parce que le vrai monstre de l'histoire est humain. En capitaine fasciste, Sergi Lopez est l'incarnation du Mal, capable des pires atrocités. Il est la vraie, et malheureusement seule, surprise du film.

 

Résumé

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