Critique : Goldfinger

Erwan Desbois | 27 octobre 2006
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Troisième aventure de 007 après Dr. No et Bons baisers de Russie, Goldfinger a fait entrer de plein pied l'agent secret dans la postérité. Il aurait difficilement pu en être autrement, étant donné le niveau de quasi-perfection atteint par cet épisode dans le créneau du divertissement populaire. D'ailleurs, au vu des nombreux atouts du film et de sa résistance au temps qui passe, l'hypothèse selon laquelle celui-ci restera un monument du cinéma même lorsque la popularité de James Bond se sera éteinte est loin d'être farfelue.


Goldfinger a en effet cela de particulier qu'il ne profite pas de la légende de l'agent secret, mais qu'il la (re)crée devant nos yeux. Pour faire un jeu de mots facile – mais approprié – en rapport avec son titre, tout ce que le film touche, il le transforme en or. Le scénario retors, qui enchaîne avec délectation les fausses pistes et les retournements soudains, est digne de l'âge d'or des films noirs hollywoodiens. Les ennemis de Bond atteignent la quintessence perverse de leur rôle de méchants, tant au niveau du cerveau dérangé et sans pitié (le monstrueux Auric Goldfinger, et sa réplique devenue culte « I don't expect you to talk, Mr. Bond, I expect you to die ! ») que de l'homme de main mortel et indestructible, le muet Oddjob dont Jaws restera à tout jamais une pale imitation.


La mise en scène de Guy Hamilton (qui fera ensuite trois autres James Bond) est elle aussi remarquable. L'utilisation faite des maquettes, et encore plus des effets sonores, déploie des trésors d'inventivité qui font que le film n'a pas à rougir en terme de spectacle, malgré des moyens somme toute limités. On retrouve là encore l'efficacité magique des séries B de science-fiction et des films noirs de l'époque (En quatrième vitesse, par exemple), qui parviennent à vous faire croire à la fin du monde avec pour seuls ingrédients un compte à rebours, quelques bruitages et un montage sec.


Et puis bien sûr, Goldfinger ne serait pas Goldfinger sans Sean Connery dans le rôle de 007. Après les multiples digressions subies par le personnage au fil des décennies, on est presque surpris par la profondeur et le trouble que celui-ci possédait lors des premiers épisodes. Son humour à froid n'était alors pas gratuit, mais une couverture pour masquer un comportement constamment sur le fil du rasoir dans lequel les sentiments personnels (désir de vengeance, attirance pour les femmes) interfèrent à plus d'une reprise. Adulte et complexe, confronté à des ennemis à sa hauteur et muni pour la première fois de sa mythique Aston Martin DB5 « personnalisée », ce James Bond au faîte de sa gloire est définitivement insurpassable.


Et en plus, les James Bond Girls sont en nombre

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