Critique : Sept mercenaires (Les)

Flavien Bellevue | 14 novembre 2005
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Que se cache t-il derrière la reconnaissance immuable entourant Les Sept mercenaires ? Un casting de stars, une musique reconnaissable dès la première note, une photographie aux couleurs chatoyantes ou un remake d'un film japonais ? C'est tout ça à la fois et force est de constater que quarante cinq ans après sa sortie, le film de John Sturges continue à provoquer un enthousiasme démesuré et ce quelque soit le nombre de visionnages.


Remake du film légendaire d'Akira Kurosawa, Les Sept samouraïs, le western de Sturges en retient la trame principale, les sept « protecteurs », les bandits et les villageois. Les sept « magnifiques » sont devenus des héros, des icônes, alors que Kurosawa avait fait l'inverse avec ses samouraïs. Hollywood et son star système ayant pris le dessus, John Sturges opte pour l'individualisme (chacun des sept ayant sa propre motivation pour agir) plutôt que pour le côté groupe soudé qui va dans le même sens (même si cette idée sera retrouvée à la moitié du film lorsque les sept mercenaires décideront, tous, de revenir au village). Sans véritablement trahir l'original, John Sturges et le scénariste William Roberts ont su très habilement adapter les codes d'une culture et d'un cinéma qui ne leur étaient pas familiers. Sturges fut d'ailleurs félicité par Kurosawa, impressionné par le résultat.


En oubliant l'aspect remake d'un chef d'œuvre du cinéma mondial, Les Sept mercenaires est avant tout et surtout un modèle de western. Par son casting. Mené par un Yul Brynner fraîchement oscarisé pour Le roi et moi (1956), les sept acteurs trouvent, de part leur charisme, le temps « d'occuper » l'écran. Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn, Robert Vaughn, Brad Dexter, Horst Buchholtz et Eli Wallach, stars montantes, pour certains, avant la sortie du film, vont voir alors leur carrière explosée. Par la musique du compositeur Elmer Bernstein, qui donne au film un souffle que peu de westerns peut se targuer d'avoir. Une bande originale dont le thème principal est aussi connu que celui de Le bon, la brute et le truand ou Il était une fois dans l'ouest. Clairement identifiée au film, la musique de Bernstein souligne chaque action des protagonistes sans pour autant « envahir » le film. Si on additionne à cela, la magnifique photographie du film par Charles Lang (Règlement de comptes à O.K Corral), et le scénario bien huilé de William Roberts (officiellement mais de Walter Bernstein officieusement), Les Sept mercenaires est l'exemple même d'un western maîtrisé à tous les niveaux.


John Sturges signe donc ici son western le plus célèbre avec Règlement de comptes à O.K Corral car il a su réunir les éléments qu'il fallait et au bon moment. Tous ces éléments changeront la manière d'approcher le western et le cinéma divertissant qui, avec un casting quatre étoiles, se pose en précurseur de la recette du blockbuster hollywoodien dont usent et abusent aujourd'hui des films comme Ocean's Eleven. Paradoxalement, le film annonce aussi le début de la fin du genre à Hollywood, le western spaghetti pointant le bout de son nez quatre ans plus tard avec Pour une poignée de dollars de Sergio Leone.


Classique du cinéma par excellence, Les Sept mercenaires n'est peut être pas le meilleur des westerns mais il est assurément l'un des plus palpitants d'entre eux, si ce n'est le plus.

Résumé

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