Critique : Miss FBI divinement armée

Laurent Pécha | 31 mars 2005
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Avec Miss FBI, le cinéma de divertissement américain semble faire un bon en arrière de près de vingt ans. Surfant sur les recettes qui avaient fait du premier film, Miss détective, l'un des plus gros hits de la carrière de Sandra Bullock (un très joli 106 millions de dollars de recettes aux États-Unis), ce nouvel opus en conserve les très nombreux défauts (c'est long et ça raconte rien ou presque) tout en parvenant à orienter le récit vers ce que l'on pourrait grossièrement qualifier de version féminine du « buddy movie » à l'ancienne.
Car, si le prédécesseur était quasi exclusivement axé sur sa star, alors à la recherche d'un second souffle, Miss FBI se montre nettement moins égocentrique, laissant de la place aux partenaires de Bullock. En résulte un duo qui fonctionne plutôt bien avec Regina King, toute en contradiction physique et mentale par rapport au personnage de Gracie Hart. Le film tenant d'ailleurs le plus souvent sur la capacité des deux femmes à se chamailler sans cesse, allant même jusqu'à s'affronter physiquement de façon particulièrement virulente et donc cocasse pour le spectateur. Beaucoup moins faux-cul que Miss détective qui d'une charge gentiment corrosive sur les concours de beauté en faisait vite l'apologie et le bastion du féminisme moderne (sic !), Miss FBI étrenne de bout en bout un message des plus classiques et grand public (il faut s'accepter tel qu'on est) et n'a pour unique véritable ambition que de mettre en valeur ses acteurs. Enfin plutôt ses actrices tant les hommes font de la gentille figuration, le cachetonneur Treat Williams en étant le plus bel exemple.

Abominablement long (115 minutes pour une telle chose, c'est quasi criminel), presque pas filmé en attestent les archi molles séquences d'action, pas du tout monté, esthétiquement moche (Las Vegas n'a jamais paru aussi terne), accumulant les péripéties les plus anodines (l'intrigue est tout de même d'une rare indigence avec son enquête policière de pacotilles) Miss FBI aurait tout pour être la bouse de l'année sans l'abattage impressionnant de Sandra Bullock. La comédienne, toute en énergie et décontraction, en fait des tonnes mais possède ce côté sympathique de ne jamais se prendre au sérieux et surtout de ne pas avoir peur de se montrer sous un jour ridicule, à l'instar d'une Cameron Diaz. Comme à ses côtés, elle a du répondant en Regina King, les scènes de comédie et leurs gags plus ou moins lourds prennent un peu de hauteur et évite sans cesse au film d'être la catastrophe qu'il aurait pu (du) être.

Une chose encore pour être parfaitement clair sur le produit : Pour ceux qui espéraient voir en Miss FBI une œuvre cinématographique aboutie, un conseil, allez louer au vidéo-club du coin Miss détective. Les chiens ne faisant pas des chats !

Résumé

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