V pour Vendetta : critique anonyme

Ilan Ferry | 8 juillet 2017 - MAJ : 09/07/2018 11:41

Entre Alan Moore et le cinéma, c'est une longue histoire d'amour et de haine parsemée d'autant de demi-succès tels From Hell que d'échecs comme La Ligue des gentlemen extraordinaires. Après une mise en place et une postproduction chaotiques (changement d'acteur principal, sortie repoussée, reniement du projet par Alan Moore, coauteur de la BD originale), V pour Vendetta arrive finalement sur nos écrans. Longtemps fantasmé par les fans, le résultat est-il à la hauteur des attentes suscitées ? Définitivement oui !

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A COMME AUDACE

Audace, tel pourrait être le maître mot de cette œoeuvre aux résonances politiques très actuelles. En situant son action dans une Angleterre totalitaire, référence à peine déguisée à l'Allemagne nazie, V pour Vendetta frappe un grand coup en faisant écho à nos propres angoisses, et son adaptation aujourd'hui sur grand écran n'en a que plus d'impact. En effet, si la société dépeinte dans le film fait partie d'une réalité dite alternative, cette dernière n'en demeure pas moins, toutes proportions gardées –relativement proche de nous. V pour Vendetta relève ici davantage de l'œoeuvre d'anticipation que du film de SF post-Matrix tant redoutée.

Pourtant, avec une histoire aussi forte et l'omniprésence des frères Wachowski (ces derniers auraient tourné quelques scènes clés), le risque de se retrouver devant une resucée de la fameuse trilogie était grand. Mais force est de reconnaître que James McTeigue s'en sort avec les honneurs, ne cédant presque jamais à l'effet de style facile pour mieux retranscrire l'ambiance si oppressante et quasi orwelienne de l'œoeuvre originale.

 

photoJe V bien

 

Si V pour Vendetta est une oeœuvre aussi puissante, c'est avant tout par la force de son propos particulièrement hargneux vis-à-vis des pouvoirs mis en place au détriment de toutes valeurs démocratiques. Jamais film n'aura aussi bien porté son nom : en effet, la notion même de vengeance sert efficacement de fil conducteur à l'intrigue, et à travers les actes de V, c'est le cri de tout un peuple fatigué d'être dupé qui se fait peu à peu entendre.

L'occasion pour McTeigue d'épingler au passage les médias et la religion ainsi que leurs rôles prépondérants dans la vie politique d'une société conditionnée par elle, rappelant par là même le Paul Verhoeven de Robocop et Starship Troopers. Pourtant, si V et le justicier cybernétique de Verhoeven semblent aux antipodes l'un de l'autre, ils n'en représentent pas moins les créatures maudites d'un monde malade aveuglé dans sa course au progrès…, ou quand les « bâtards » de la civilisation occidentale se révoltent pour en dénoncer les tares.

 

photo, Natalie PortmanNatalie Portman, avant

 

C COMME CERVEAU

Figure hautement shakespearienne, V est un être aussi extravagant que redoutable, remarquablement incarné par un Hugo Weaving dont on ne verra jamais le visage. Un parti pris astucieux qui a pour but de renforcer l'ambivalence de ce mystérieux justicier qui, de fait, devient l'incarnation parfaite de ce qu'il représente : un idéal. Natalie Portman, d'une rare justesse, est parfaitement crédible en ange rédempteur, John Hurt quant à lui est tout simplement terrifiant en pendant britannique d'Adolf Hitler. L'audace de l'entreprise et le sentiment de « douce » anarchie qui s'en dégagent fonctionnent si bien qu'on en viendrait presque à faire l'impasse sur les quelques invraisemblances de l'ensemble (dont un retournement de situation crucial mais au final peu crédible) et un rythme qui en vient quelque peu à s'essouffler en milieu de parcours.

 

photoÇa Va chier

 

« Les gouvernements devraient avoir peur de leurs peuples et non l'inverse ». Cette phrase déclamée par un V particulièrement théâtral sert de leitmotiv au film entier, et trouve son point d'orgue dans un final saisissant d'intensité et symboliquement lourd de sens. À l'image de cette séquence, le long-métrage ne tombe pour ainsi dire jamais dans le piège de la démonstration facile, et si l'ensemble aurait pu être davantage jusqu'auboutiste, il n'en surprend pas moins par son refus de céder aux concessions du système hollywoodien et son fond étonnamment virulent pour une production de cette ampleur.

 

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Résumé

Sous couvert de blockbuster, le film fait figure d'ovni dans le paysage hollywoodien, et trouve dans sa forme cinématographique un beau prolongement au cri d'alarme poussé par Alan Moore il y a plus de vingt ans.

commentaires lecteurs votre commentaire !

ynese
01/08/2018 à 10:32

failisitation on createur du film est aussi a nathali portman

ynese
01/08/2018 à 10:30

le film est vraiment tron bien mai vaire la fin du film c est triste parece que v meure acose de quidie cest un vrai quont quidi

ynese
01/08/2018 à 10:27

je taime v

pop
09/07/2018 à 00:11

Un chouette film bien pensé ou l'on capte parfaitement l'atmosphère, l'ambiance dépeint. Dans la lignée d'un Dark city, de L'armée des 12 singes ou Les fils de l'homme. Des produits qui résistent à l'usure du temps parce qu'ils ne sont pas calibrés pour être juste événementiel. C'est de plus en plus rare à l'heure actuelle.

Hasgarn
08/07/2018 à 22:20

Je me rappelle que quand ce film est sortie, on l’a jugé moyen.
Il a su gagner les faveurs du public au fil des ans.
Un bon film.

Number6
08/07/2018 à 19:04

Rien que pour overture 1812 de Tchaikovsky, j'adore ce film.

Number6
08/07/2018 à 19:03

Beaucoup aimé ce film. Bien entendu le matériel d'origine est bien supérieur, mais ce film est vraiment bien. Et rien que la scène de fin sur Overture 1812 de Tchaikovsky, ça vaut la moitié des points à elle toute seule.

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