Critique : Disparitions

Stéphane Argentin | 23 mars 2005
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Auteur de quelques scénarii remarqués dont celui du formidable Liaisons dangereuses de Stephen Frears (Oscar du meilleur scénario en 1989) ou encore le très réussi Un américain bien tranquille, Christopher Hampton est également cinéaste à ses heures perdues (Carrington, prix du Jury à Cannes en 1995).

Pour les besoins de son nouveau film en tant que scénariste et réalisateur, Disparitions, Hampton a fait deux choix que l'on jugera plus ou moins judicieux. Si l'on pourra à la limite oublier (pardonner ?) l'usage de l'anglais pour rendre le sujet accessible au plus grand nombre alors que l'histoire se situe en pleine Argentine où tout le monde parle normalement espagnol, le second parti pris, celui d'alterner fiction et réalité, finit rapidement par se retourner contre le film. L'engagement politique dénonçant les agissements du gouvernement argentin de 1976 à 1983 ne fait certes aucun doute et le cinéaste n'y va pas par quatre chemins pour dresser un parallèle entre ce régime totalitaire et la dictature hitlérienne du troisième Reich. Mais passées les premières « disparitions » et les premières séances d'interrogatoires, le récit s'enlise ensuite assez vite dans une redondance cyclique enlèvements / tortures / visions de Carlos (Antonio Banderas) qui rappelleront par certains aspects le calvaire carcéral de Billy Hayes dans Midnight express, lui aussi tiré d'un fait réel. Mais, si dans la réalité les prisons turques étaient (sont ?) aussi dures que les tortionnaires argentins, l'impact dramatique à l'écran a lui tendance à se ramollir au fil du temps, soit hélas tout le contraire du devoir de mémoire souhaité.

Résumé

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