Elektra : Critique

Laurent Pécha | 3 mars 2005
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Après avoir su péniblement mais avec pas mal de beaux coups d'éclat (Aliens en tête) s'imposer dans les années 80-90, la femme d'action cinématographique et sa représentation à la fois graphique et iconique prend avec Elektra un sacré coup d'arrêt. Cette nouvelle adaptation des aventures d'une super héroïne de comics propose même un retour en arrière consternant (genre belle potiche qui ne sait rien faire ou presque) alors même que justement tout était bien là pour en faire l'aboutissement d'une certaine idée de l'héroïne musclée dans la droite lignée par exemple d'une « Bride ». Un matériau de base extraordinaire mettant en vedette LA plus grande tueuse sortie de l'imaginaire d'un artiste, la comédienne idéale pour l'incarner (Jennifer Garner approuvée 100% Alias) et un réalisateur au visuel plus que prometteur (le Rob Bowman d'X-Files et du très sympathique Règne du feu). Avec ce « trio » là assorti des promesses entraperçues dans Daredevil qui avait introduit (trop) brièvement le personnage d'Elektra, le film de Bowman allait, c'est certain, casser la baraque et nous venger de l'expérience désastreuse que fut la vision en salle de Daredevil (pour le director's cut, c'est une toute autre histoire et ça se passe ici). Tout faux !

 

 

Après une heure et demie qui en paraît facilement le triple (non, non, on n'exagère pas du tout), dire qu'Elektra est un ratage abyssal relève de l'évidence. Toute la frustration (pour rester gentil) éprouvée à la vision du film de Bowman peut être stigmatisée au cours de la séquence inaugurale. Certes maladroite et finalement peu excitante, elle a toutefois le mérite de nous faire saliver sur ce que l'on peut attendre d'Elektra en action avec l'évocation d'un combat titanesque voyant la tueuse au costume rouge pourpre pourfendre une bonne cinquantaine d'adversaires en presque un clin d'oeœil. Seulement voilà, cette évocation ne prend forme que verbalement au détour d'une tirade de la future victime d'Elektra et les exploits attendus de la demoiselle ne viendront jamais.

Au lieu d'avoir légitiment le droit de découvrir les prouesses de cet assassin redoutable, Elektra nous impose une première demi-heure consternante de vide narratif (l'action la plus significative étant de voir Elektra hantée par ses cauchemars), met dans les pattes de son héroïne soit disant imbattable une jeune side kick tout aussi forte en arts martiaux, lui propose une love story pitoyable tout en lui imposant de combattre (rarement) une bande de méchants aux pouvoirs oscillant entre l'inexploité, l'inefficace voire le ridicule (l'homme tatoué qui démontre lors de sa scène finale à quel point il possède les pouvoirs les plus risibles qu'un super vilain ait proposé à ce jour).

 

 

Sans cesse dépassée par les événements au point de ne pas connaître sa cible (la classe absolue pour le meilleur assassin du monde !), prenant raclée sur raclée lors des rares combats à tel point qu'on se demande comment elle arrive à battre ses adversaires, pas aidée par un maître gourou en vacances (le très bronzé Terence Stamp ne se cachant jamais d'être uniquement là pour encaisser son chèque), Elektra – Jennifer Garner ferait presque de la peine si un profond ennui et le sentiment de s'être fait prendre pour un gogo ne venait nous titiller au plus haut point.

Dans ce naufrage quasi absolu, les plus pervers se poileront sans doute à la vision d'un combat qui lorgne du côté de Hero mais qui aurait plus sa place dans une pub pour de la lessive, se demanderont ce qu'a bien pu faire Garner à la chef costumière pour qu'elle l'habille avec des tenues aussi étriquées, se pâmeront devant l'indigence quasi surréaliste des dialogues tout en s'imaginant la tête médusée des producteurs découvrant le produit fini en espérant péter la baraque avec un film d'action spectaculaire.

Une chose est sûre au vu de la réception du film au box-office, cette fois-ci, Elektra est morte pour de bon. Mais en l'état qui s'en plaindra ?

 

Résumé

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