Test : Airport

Stéphane Argentin | 20 février 2013
Stéphane Argentin | 20 février 2013

En 1970, Airport initiait une bien belle décennie en matière de films catastrophes avec des fleurons qui trônent aujourd'hui encore en bonne place parmi les indémodables du genre, aussi bien sur terre (Tremblement de terre, 1974), sur mer (L'aventure du Poséidon, 1972) sans oublier bien sûr LE porte-étendard en matière de superproduction au casting inégalé (inégalable ?) : La Tour infernale (1974).

 

 

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En haute altitude, Airport vit naitre pour sa part trois rejetons tout au long des 70's : 747 en péril (1974), Les naufragés du 747 (1977) et Airport '80 Concorde (1979) avec notre Alain Delon national. À l'heure où les Michael Bay (Armageddon, 1998) et autres Roland Emmerich (2012, 2009) pulvérisent les trois quart de la planète à grand renfort d'effets numériques, revoir Airport aujourd'hui, soit plus de 40 ans après sa sortie, à une époque où le mot « ordinateur » n'existait pas encore dans la bouche du tout Hollywood, le résultat apparait-il dépassé, pour ne pas dire ringard ? Que nenni ! Ce serait même plutôt tout le contraire ma bonne Lucette ! Pour le d'jeuns d'aujourd'hui, l'absence totale d'explosion et de blagues scatos le laissera incontestablement de marbre au bout d'un quart d'heure. Mais le cinéphile averti se plaira à découvrir 90 minutes de présentation des personnages et des enjeux dramatiques qui se nouent avant de parvenir à son pitch de « bombe qui explose en plein vol » et doit atterrir en urgence sur un aéroport complètement bloqué par la neige (un pitch en partie repris par un certain 58 minutes pour vivre).

 


Certes, tout ceci fleure bon le kitch, voire le stéréotype : le directeur de l'aéroport qui délaisse sa vie privée pour se consacrer à son job au point que sa femme le quitte, le commandant de bord qui engrosse une bien charmante hôtesse (oui je sais, j'ai un faible pour les femmes en uniforme, NDR) ou encore le « terroriste » sans emploi et sans espoir qui décide de se sacrifier pour que sa femme touche l'assurance-vie. De nos jours, de tels personnages existeraient à l'identique car on retrouve toujours peu ou proue les mêmes clichés dans ce genre de films (à la différence près que les terroristes du 21ème siècle sont des intégristes religieux et/ou politiques) mais sont la plupart du temps taillés à la serpe tandis qu'avec Airport ils ont droit à une réelle « épaisseur » en préambule de la catastrophe à venir qui en soit n'occupe qu'une infime portion du récit (en gros la dernière demi-heure). Et c'est sans conteste ce qui permet au film de traverser les décennies sans prendre une seule ride ou si peu (au point d'avoir droit à une parodie, elle aussi classique du genre : l'hilarant et indémodable Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, 1980). Et la sortie de l'édition Blu-ray ne nous rappeler cette intemporalité d'Airport.

 


Hélas dépourvue de bonus (un comble pour un tel classique du Septième Art), celle-ci bénéficie toutefois d'une image et d'un son d'un très bon niveau eu égard aux plus de 40 ans affichés par le film. Si les séquences en extérieur présentent un bruit important et une définition moins probante, le master vidéo n'en demeure pas moins d'une incroyable propreté avec des couleurs éclatantes tandis que côté son, la VO DTS-HD MA 5.1 laisse entendre une belle présence frontale sans pour autant verser dans l'excès de graves ou encore des effets surround artificiels. La VF DTS 2.0 monophonique ne saurait bien entendu rivaliser mais reste suffisamment « propre » pour apprécier un spectacle qui, une fois encore, ne verse pas dans le spectaculaire à tout va.

 

Apport HD : Un classique du genre servi par une édition plus qu'honorable... exception faite de l'absence de bonus.

 


 

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