Test : Hunger games

Stéphane Argentin | 16 août 2012
Stéphane Argentin | 16 août 2012

« Version Bibliothèque Verte de Battle royale, ennuyeux, hideux, mise en scène parkinsonienne, amorphe, médiocre, pot-pourri de thématiques SF... » n'en jetez plus, la coupe des superlatifs est pleine ! À EcranLarge, les avis étaient quasi-unanimes pour dire que Hunger games était... une sombre merde (des avis qui contrastent avec les 85% de Rotten Tomatoes). C'est nos potes de chez Metro qui sont contents ! Mais pour le coup, EcranLarge ou pas, Metro n'en a rien à cirer et semble être plutôt tout sourire avec 1,7 millions d'entrées au compteur et ce même si l'on est très loin du carton US.

 

 

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C'est qu'à l'international, le film affiche un très confortable 685 millions de dollars de recettes dont 407 millions obtenus sur le seul territoire nord américain, soit un ratio de 60% des recettes sur les seules terres de l'Oncle Sam. De là à dire que le film n'aura passionné que les yankees, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons point puisque l'auteur de ces lignes était le seul à la rédac à le défendre, et ce avant même sa sortie, au travers de ce passionnant dossier (l'auto-congratulation, ça n'a jamais fait de mal, NDR) où il était question d'une trilogie littéraire riche en thématiques certes déjà lues ailleurs, mais dont la portée politico-idéologique prend de l'ampleur au fil des tomes. Quant à son adaptation sur grand écran, celle-ci reste d'une remarquable fidélité au matériau d'origine tout en parvenant à y injecter quelques petites trouvailles bien senties (lire la critique). Bref on va en bouffer pour une décennie de ce truc / NDLR.

 


Après l'explosion des ventes de bouquins, en partie due aux éloges de Stephen King (on veut bien) et de Stephenie Meyer (no comment !) comme nous l'explique une petite featurette, puis le sacre du film dans les salles, c'est dire si, une fois n'est pas coutume, la sortie vidéo et a fortiori en Blu-ray était attendue de pied ferme. En matière de technique pure, il n'y a rien à redire. Nous sommes ici en présence d'un disque de pure démo home-cinéma avec une image précise, piquée, contrastée et exempte du moindre défaut de master ou d'encodage et des pistes VO et VF DTS-HD MA 7.1 du feu de dieu qui savent alterner subtilité (de nombreux bruits de la forêt viennent se nicher dans toutes les enceintes disponibles) et brutalité (cf. la scène de la forêt en flammes à la 77ème minute).

 


 

Côté bonus en revanche, le constat est plus mitigé. Avec un making of de deux heures auquel s'ajoute plusieurs featurettes pour un total d'une heure supplémentaire, on peut dire que l'éditeur n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Oui mais voilà, il y a pas mal de petits hics dans tout ça. Tout d'abord sur le fond avec l'omniprésence de Gary Ross. Certes, le bonhomme nous déclare avoir eu quasiment carte blanche sitôt la pré-production bouclée et justifie par la même occasion ses choix de mise en scène (il ne voulait pas d'un « beau divertissement hollywoodien ») mais tout de même. En comparaison, on ne voit pas autant Jennifer Lawrence, pourtant l'héroïne de la saga et présente dans pratiquement toutes les séquences (petit cochon va ! NDLR). Est-ce précisément parce que, comme elle le relate elle-même, elle était à deux doigts (deux doigts seulement, rhooo p'tit joueur / NDLR) de refuser le rôle par peur de la taille (on y vient / NDLR) du projet (sa mère parvint néanmoins à la convaincre d'accepter) ? Une chose est sûre, tous (acteurs, réalisateur) ne tarissent pas d'éloges sur cette beauté yankee (oui, je craque sur Jennifer Lawrence et après ? Et peu importe si Simon trouve qu'elle a les hanches trop « fortes », je préfère les femmes voluptueuses aux anorexiques, NDR).

 


 

Et c'est précisément là l'autre reproche que l'on pourra faire à ces bonus : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, le tournage était magnifique, les gosses sont devenus les meilleurs amis du monde, les acteurs signent des autographes aux fans venus jouer les extras, etc... Mouais ! On a quand même un peu de mal à croire que tout a été aussi rose que ça de bout en bout, d'autant que la somme investie est tout de même rondelette (de 80 à 90 millions de dollars de budget selon les sources) et que la pression autour d'une telle sortie ne devait pas être négligeable. De surcroit eu égard au triomphe de la saga littéraire comme nous le rappelle une petite featurette où l'on apprend, entre autres choses, que les bouquins sont désormais au programme dans certains lycées US (horreur ! / NDLR). Tout ceci est bien beau mais où est donc passée l'auteure Suzanne Collins ? On ne la voit ni ne l'entend jamais. Un comble lorsque l'on sait qu'elle a été très présente au cours du projet après avoir, entre autre, passé 15 jours en compagnie de Gary Ross à retravailler la première version du script de Billy Ray.

 


Les autres reproches sont quant à eux d'ordres purement formels. Pourquoi donc ne pas proposer la lecture intégrale du making of, saucissonné en plusieurs morceaux de 15/20 minutes chacun, obligeant à repasser à chaque fois par le menu ? Pourquoi n'y a-t-il pas de commentaire audio ? Le réalisateur était-il déjà en froid avec la production pour accepter de prendre le micro ? Mais surtout, le plus gros reproche imputable à cette édition : alors qu'il reste pourtant une tonne de place sur le premier disque hébergeant le film (33Go d'occupés sur les 50 disponibles), pourquoi diable ne pas avoir proposé une option Picture-in-Picture ? Un paradoxe d'autant plus grand au regard de la quantité des dessins préparatoires et autres maquettes que l'on découvre au fil des bonus relégués sur le second disque et, comble absolu, de la découverte côte à côte, le temps d'une séquence, du scénario, des storyboards et de la scène finale au sein de la featurette intitulée La préparation du film par Gary Ross. En bref, une occasion ratée d'exploiter les possibilités du support.

 


Allez, histoire de conclure sur une note positive, signalons tout de même LE bonus à ne manquer sous aucun prétexte : celui consacré à Donald Sutherland où l'acteur nous lit la formidable lettre qu'il rédigea à l'attention de Gary Ross en vue de décrocher le rôle à propos du pouvoir et du personnage du Président Snow. D'aucuns diront que si tout le film avait été aussi poignant, lucide et magistral, le résultat à l'écran eut été bien différent. Mais ceci est une autre histoire...

 

Apport HD faux-cul : Si la technique nous fait saliver, l'interactivité nous laisse un peu sur notre faim.

 

Apport HD du relecteur qui connait très bien notre Stéphane : Jennifer Lawrence nous fait saliver et ses hanches sont comme du bon pain.

 

 


Résumé

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