Test : The Tree of life - Combo Blu-ray + DVD

Julien Foussereau | 12 octobre 2011
Julien Foussereau | 12 octobre 2011

Pour ce qui est des suppléments, on conseille d'attaquer avec le bonus américain Exploration of The Tree of Life de Laurent Bouzereau, making of de 30 minutes qui se tient plutôt bien. En effet, il est appréciable de constater que, contrairement à d'autres modules d'une vacuité assez dingue, celui-ci en dévoile toujours un peu plus sur les méthodes de l'Ermite, notamment dans sa collaboration avec Douglas Trumbull, le responsable des effets visuels de 2001, l'odyssée de l'espace, en poste ici pour créer des images inouïes de cosmos et de genèse à partir d'expérimentations chimiques dans un laboratoire spécialement mis en place pendant la production du film. Troublés nous sommes également de voir les trois jeunes garçons revenir dans la ville de Smithville, Texas, où eut lieu le tournage principal en 2009. Deux ans déjà et cette impression existentielle du temps qui file devant ces garçonnets devenus des adolescents depuis.

 

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EuropaCorp propose, quant à lui, des suppléments exclusifs dont le plus intéressant de tous : Terrence Malick par Michel Ciment, le directeur de publication de Positif. 25 minutes denses et extrêmement bien argumentées sur le cinéaste dans lequel Ciment tord le cou à des idées reçues (pour ne pas dire à la con) comme celle où le rapport de Malick à la nature serait new age et d'une naïveté qui confinerait à la stupidité. Non, le panthéisme, ce n'est pas ça. Le regard de Malick sur le Monde est très influencé par Heidegger et Kirkegaard et ces deux philosophes avaient tapé juste quant à cette Nature qui était vu comme exaltante, magnifique mais, dans le même temps, cruelle et sans compassion. Au fond, elle est à l'image de la condition humaine. Et il est bon d'entendre cela après les tissus de conneries que l'on a pu lire à la sortie de la projection cannoise.

 

 

Il est difficile parfois de maintenir un intérêt constant à l'interview d'Alexandre Desplat parce que ces interventions sont un peu trop décousues. Cela dit, il évoque des choses intéressantes sur l'humilité de Terrence Malick affirmant ne rien connaître à la musique... avant de ressortir des pièces musicales de Mozart oubliées des mélomanes les plus éclairés. Tout comme Hans Zimmer l'énonçait sur le Blu-ray de La Ligne rouge, il y a un avant et un après dans une collaboration avec l'Ermite. Quelque chose qui reste pour toujours.

 

On termine avec l'intervention d'Yvonne Baby, ancienne rédactrice en chef de la section Culture du Monde et amie de Terrence Malick, une des seules avec Michel Ciment à l'avoir interviewé avant d'entrer dans le silence médiatique. Cette intervention est scindée en deux modules, la première est une évocation poétique assez touchante du film (même si elle est parfois en contradiction avec ce qu'avance Michel Ciment), la deuxième porte plus sur l'homme dont elle avait fait le portrait dans son ouvrage Quinze hommes splendides. Un portrait éminemment laudateur. Les fans les plus hardcore apprécieront, les autres trouveront ça un peu longuet.

 

 

Apport HD : La pureté audiovisuelle de Tree of life ne peut que se savourer en Blu-ray. Indispensable donc. A moins que le Blu-ray américain place la barre encore plus haute ?

 

La Palme d'or archi-méritée de Terrence Malick ne se sent pas à l'étroit dans ce transfert 1080p / AVC. On pourrait presque le qualifier de nouvelle référence pour ce qui est de la qualité visuelle. Il est à noter des petites touches de solarisations lorsque le flamboiement (divin ?) apparaît à l'écran ou lorsque la lumière solaire enveloppe les planètes lors des passages macrocosmiques matérialisés par Douglas Trumbull. La compression de Tree of Life par les encodeurs de EuropaCorp, devant gérer le « bitbudget » du film plus celui des suppléments exclusifs, est-elle à blâmer ? Ou bien la pureté de l'imagerie malickienne est-elle encore larger than Blu-ray ? Difficile de se prononcer pour le moment. Il est nécessaire d'attendre d'enfourner dans son lecteur l'édition américaine de 20th Century Fox beaucoup plus chiche en bonus et pistes audio HD gourmandes. Ces quelques réserves mises à part, l'image Blu-ray made in France de The Tree of Life est un ravissement de tous les instants. Tourné avec du 35mm et du 65mm, le grain argentique se fait fortement ressentir procurant une texture sublime à la photographie en lumière naturelle d'Emmanuel Lubezki. Une performance technique et compressive d'autant plus grande que la mise en scène de Terrence Malick s'inscrit plus que jamais dans le mouvement ample, parfois frénétique, de la création du monde et de la tempête sous un crâne d'une conscience humaine. Cela pourrait être un festival de blocking et autres défauts disgracieux. Il n'en est rien. Etalonnage numérique, contrastes, échelle de gris, colorimétrie, tout est au top. Les plus tatillons pourraient arguer que les incrustations de dinosaures sont toujours aussi voyantes. Peu importe, la beauté de cette scène est ailleurs.

 

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En préambule de cette partie audio, l'auteur de ces lignes tient à rappeler son attachement à la poésie cinématographique, passant aussi bien par l'image que par le son. Le maître de la voix-off décentrée accorde un tel soin à sa bande-son que l'on n'a pas très envie d'écouter la VF. Elle est encodée en DTS-HD Master Audio 5.1 et elle doit être techniquement irréprochable. Tout comme la VO DTS-HD Master Audio 5.1 reconduisant brillamment l'expérience sensorielle vécue en salles en mai dernier. Dès l'ouverture avec le poignant Funeral Canticle de John Tavener, on est saisi par l'ampleur du mix. On devrait être habitué depuis le temps. Et pourtant la profondeur des chœurs, la douceur de la voix de Jessica Chastain bouleversent d'entrée de  jeu. Terrence Malick conseille souvent d'écouter fort ses films. Cela n'a jamais été aussi justifié que dans The Tree of Life tant la balance de sa bande-son se révèle d'une délicatesse infinie, capable de diffuser un rendu précis d'un murmure en voix-off au milieu d'un déluge sonore de création du monde. La séquence abstraite, tant décriée par les détracteurs du film, fait figure de référence avec ses descentes de graves impressionnantes à même de mettre à mal un caisson de basse de facture douteuse. Là, la spatialisation du sound design  fait des merveilles. A vrai dire, elle déploie une tessiture somptueuse pendant tout le film, y compris au cours des phases naturalistes. La précision est également de mise dans des détails sans importance à première écoute comme ces oiseaux se déplaçant dans l'arrière-scène pendant que Mr O'Brien ordonne à son fils de désherber son jardin. Enfin, la musique de fosse jouit d'un rendu à en pleurer avec sa séparation multicanale et son haut débit donnant une belle profondeur aux compositions de Desplat, mais aussi de Mozart, Preisner, Berlioz, Mahler, Holst et j'en passe. Toi, lecteur qui aimes la musique classique, tu vas pleurer ta race devant ce Blu-ray de Tree of Life !

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