Test : Misery

Julien Foussereau | 2 mai 2010
Julien Foussereau | 2 mai 2010

Ce Blu-ray n'offre aucun bonus. Cependant, cette édition n'en est pas dénuée. C'est-à-dire ? MGM Home Entertainment (ainsi que Fox Pathé Europa par la même occasion) a décidé de commercialiser ses titres HD dans des éditions bi-format : Blu-ray + DVD. Sauf que, dans ce cas-précis, l'éditeur ne s'est pas donné la peine de coller les suppléments sur le disque Blu-ray. Nous n'avons reçu que ce seul et unique disque à la rédaction sans explications. C'est en furetant sur les sites marchands que nous avons compris que Misery en Blu-ray ne serait pas vendu barebone.

 

 


 

Les choses se compliquent dès lors qu'on regarde outre-Atlantique. En effet, le Blu-ray (strictement le même que celui présentement chroniqué à l'octet près) est contenu dans son boitier avec le DVD Zone 1 Collector's Edition contenant 25 minutes de suppléments inédits jamais sortis chez nous. Quel DVD chroniquer alors ? On a choisi de parier sur la dernière édition française parue en 2002 car on y trouve les meilleurs bonus focalisés sur le film et le film seul, les autres tenant plus de la discussion de comptoir sur la pratique du stalking.

 


 

Ainsi, on retrouve deux commentaires audio, tous deux sous-titrés, du cinéaste Rob Reiner et du scénariste William Goldman. Deux approches différentes. Rob Reiner prend un réel plaisir à discuter de ce qui est probablement un de ses plus grands films et se révèle divertissant et méticuleux. Il tient la distance tout du long. Celui de Goldman livre des clés intéressantes concernant l'adaptation du roman. Malheureusement, il laisse trop de blancs entre ses interventions. Et c'est super pénible. Choisissez Reiner. Vient ensuite Misery loves company, très bon making of qui permettra aux allergiques de comm' audio de retenir l'essentiel. Enfin le Musical Misery Tour de Marc Shaiman est une de ces featurettes trop rares dévoilant intelligemment la méthodologie d'un compositeur de musique de film. Shaiman se révèle bon pédagogue et délivre une anecdote particulièrement drôle sur la soi-disant inspiration dodécaphonique du climax final. Une galerie photos et deux bandes-annonces et puis s'en vont.

 

Après vérification sur un produit définitif, il se trouve que le pari est perdu. MGM Home Entertainment ne s'est même pas donné la peine de mettre dans le boitier l'édition collector. Juste l'édition simple : le film. Point barre. Pourquoi donc ? Soi-disant pour emporter Misery quand on est en vadrouille, sur support mobile. En gros, quand on se retrouve dans un environnement sans lecteur Blu-ray. Mouais... Comme si on avait envie d'emmener Annie Wilkes avec nous en vacances... On se permettra juste de décoder cela de la façon suivante : « On avait un gros excédent de disques édition simple. On a écoulé comme on a pu, quoi ! ». Bravo MGM pour ce grand moment de communication.  

 

Apport HD : Faut-il acheter Misery en Blu-ray ? Si vous aviez copieusement flippé à sa sortie salles en 1990 et que vous sentez que quelque chose s'est perdu quand vous l'avez revu en DVD, la réponse est clairement oui. La technique bien maitrisée sur ce Blu-ray redonne une belle jeunesse au film et fait renaitre quelques subtilités appréciables. Mais, tout de même, il y avait largement la place pour transférer les bonus sur un même disque.

N'ayant jamais été un éditeur DVD des plus salués pour sa technique (on nage dans l'euphémisme), MGM Home Entertainment se devait de corriger le tir pour Misery, titre phare de son catalogue épouvante et une des meilleures adaptations de Stephen King au passage. C'est aujourd'hui chose faite avec ce Blu-ray apportant un boost image sensible. On remarque tout d'abord que le film est repassé par la case restauration, éliminant l'écrasante majorité des impuretés présentes sur la copie. Ce n'est pas la pureté immaculée mais on n'en est pas loin. Le transfert 1080p / AVC offre également un piqué d'image beaucoup plus précis que sur ses précédentes incarnations SD, dans les délinéations notamment. Ainsi, les textures boisées des murs de la maison d'Annie Wilkes font davantage ressortir rainures, gnons, etc. Dans les gros plans, on observera un meilleur détail dans les tissus (d'un pull apparemment bouloché en SD, on distingue désormais les mailles). Les grands gagnants lors de ce passage à la HD sont incontestablement la colorimétrie et les contrastes. Avec le grand retour de cette patine argentique chère au chef opérateur Barry Sonnenfeld, l'image se voit bien mieux restituée dans les dégradés d'ombres. Elle est surtout beaucoup moins sombre et ses couleurs y sont plus naturelles. Good job.

 

 Accédez à la galerie HD en cliquant sur la capture ci-dessous

 

 

Bon point que d'avoir remixé la VO Dolby SRD d'origine en DTS-HD Master Audio 5.1. Echantillonnée à plus 3 Mb/s, elle est bien évidemment incapable de se mesurer aux bandes-sons de films d'épouvante contemporains. Mais ce flux audio HD dernière génération agit comme une bouteille d'oxygène. La dynamique s'avère excellente, au même titre que son irréprochable balance. Les effets arrière sont assez rares. Néanmoins, ils sont très bien déplacés vers les surrounds sans nuire à l'équilibre. Misery fait naitre la tension à couper au couteau (ou à fracasser au maillet, c'est selon) du duel psychologique entre James Caan et Kathy Bates. Et pourtant, on est étonné 20 ans après par la subtilité de ce sound design et l'efficacité indéniable du score de Marc Shaiman retrouvant une jeunesse virginale. La VF, proposée en DTS 5.1 mi-débit constitue un upgrade notable par rapport aux DVD même si la mise en avant des voix nuit aux ambiances. Surtout que sa dynamique fait pâle figure si on la compare à son homologue américaine.

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