Test : Toy story

Julien Foussereau | 3 avril 2010
Julien Foussereau | 3 avril 2010

Les suppléments exclusifs au format haute-définition sont diffusés en résolution HD. Les reports conservent une définition standard.

 

Côté exclus Blu-ray, on démarre sur les chapeaux de roues avec les suppléments inédits millésimés 2010 tels que l'excellent commentaire audio du réalisateur John Lasseter, du coscénariste Andrew Stanton et du superviseur de l'animation Pete Docter car il accomplit la prouesse de combiner informations pointues sur la conception du film et une ambiance conviviale vraiment géniale entre les meilleurs amis du monde. On marque une pause avec un teasing Toy Story 3 et une featurette sur Buzz l'éclair dans la station ISS anecdotiques...

 

 


 

 

... pour reprendre de plus belle avec Les chemins qui mènent à Pixar - Les artistes. Les petites mains habituellement dans l'ombre chez Pixar deviennent les héros de cette featurette. Il est question du déclic qui les a poussé vers l'animation, leurs rêves, leur formation. Cela peut paraître très corporate. Pourtant, on sent des individualités réjouies de travailler en équipe, de relever de nouveaux défis. Cela transpire le bonheur.

 

Les Anecdotes du studio sont, quant à elles, des petites animations Flash racontant des tranches de vie anodines, souvent hilarantes, sur l'ambiance de travail de studio : le tas de boue de John Lasseter, le concours de déguisements d'Halloween et la tordante course de scooter.

 

On peut se moquer des chemises hawaïennes qui piquent les yeux de John Lasseter. Mais on n'attaque pas le bonhomme. On respecte un type, certes puissant comme ce n'est pas permis désormais, mais qui n'oublie pas l'adorable gamin qu'il a été ; ce gamin de 50 ans fou de joie de tirer lui-même le Buzz l'Éclair à l'hélium sur Macy's lors de la parade new yorkaise de ThanksGiving (Buzz à Manhattan). Et on ne peut qu'admirer le courage d'un leader qui n'a pas hésité à dire merde à Jeffrey Katzenberg, alors directeur du Walt Disney Studios, quand ce dernier a essayé de récupérer Toy Story et de le remodeler à sa sauce cynique (Vendredi noir : Toy Story comme vous ne l'avez jamais vu). Un bout du film en mode Katzenberg y est montré et c'est juste affreux : on dirait le pire de Dreamworks. Lasseter a tiré la plus grande des leçons : se fier à son instinct. Pour l'anecdote : Lasseter occupe désormais le siège laissé vacant par Katzenberg.

 

 

 

 

Les bonus restants sont un report de l'interactivité déjà fabriquée pour l'édition 10eme anniversaire, parue cinq ans plus tôt. On retrouve avec un certain plaisir la joyeuse table ronde du quatuor fondateur de Pixar se remémorant le travail de titans accompli à l'époque, la volonté de raconter une belle histoire malgré les pressions de Disney. Sur ce dernier point, on remarque comment Pixar prenait encore des gants en 2005.

 

Même le making of d'époque de 20 minutes calibré pour une diffusion télé reste un passage obligé agréable à suivre grâce à des passages bien fendards. Il faut admettre qu'il se complète parfaitement avec L'héritage de Toy Story, hommage du milieu de l'animation (en vrac, Chris Wedge, Brad Bird, Hayao Miyazaki, Roy Disney, etc.) pour avoir bouleversé durablement la manière de concevoir les films. On retiendra également La conception de Toy Story pour nous ouvrir plus que d'habitude les secrets de fabrication de l'animation assistée par ordinateur.

 

L'animation est un travail de fourmi. À tel point qu'il est dur de se résoudre à couper des scènes quasi finalisées afin de préserver le rythme d'un film. C'est ce que démontrent les 10 scènes coupées.

 

 

 

On poursuit avec un angle beaucoup plus technique. Walt Disney Home Entertainment propose pas moins d'une demi-heure de dessins et designs préparatoires passionnants. On aurait aimé que ces recherches graphiques aient été présentées en HD. Viennent ensuite des comparatifs films / storyboards accentuant la prédominance de cette marche de fonctionnement en animation sur le scénario traditionnel. On approuve aussi les étapes de production d'une image avant le résultat final.

 

Terminons sur la partie sonore sachant mettre en valeur le travail de fou de Gary Rydstrom afin de créer un sound design renversant ainsi que le talent de Randy Newman transpirant de ses mélodies magnifiques. Sans oublier la tonne de matériel publicité à consulter.

 

Apport HD : Longtemps considérées comme des références, les éditions DVD de Toy Story se font littéralement atomiser par ce Blu-ray redoutable. Jamais on n'avait vu le premier long-métrage de John Lasseter dans de telles conditions. En outre, il est plein comme un œuf côté interactivité (même si on n'aurait pas été contre un gonflage des anciens bonus SD en HD). C'est bien simple : c'est l'édition la plus complète à date. Faut-il repasser à la caisse ? Oui, car Woody et Buzz sont tes amis, lecteur, et quand on aime, on ne compte pas à la dépense.

 

Revoir Toy Story aujourd'hui en Blu-ray pourrait susciter quelques craintes : le film a tout de même 15 ans. Le premier long-métrage complètement en images de synthèse est obsolète techniquement. Et pourtant.... Et pourtant : quelle claque ne se prend-on pas ! Oui, Toy Story dépeint parfois un méchant chien nommé Scud à l'animation un peu raide et des visages humains quelque peu figés. Mais on oublie vite tant l'histoire reste intemporelle et surtout, parce qu'on n'avait jamais vu le film de la sorte.

 

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Pixar n'avait pas encore développé la technologie pour donner une patine argentique à l'image. En outre, les éclairages manquaient un peu de nuances. Sur un transfert 1080p / AVC, cela procure une image monstrueusement piquée, avec une délinéation des contours au scalpel. Les textures ressortent comme jamais : on ne  distinguait  pas sur DVD la finition minutieuse des écailles de Rex ou le cuir fatigué des oreilles de Zig-Zag. Les DVD de Toy Story ont longtemps été des références. Là, ils ne peuvent plus lutter et viennent de trouver leur maitre. Sur la question de la colorimétrie, on assiste à une victoire par K.O. dès les premières secondes. Les couleurs très vivantes des jouets d'Andy rayonnent sur l'écran. On pourrait également rappeler à quel point les ombres sont détaillées et ouvertes, la profondeur de champ impressionne et la compression est irréprochable. Ce serait tirer à la ligne : c'est du top démo, du vrai.

 

 


 

 

La piste DTS-HD Master Audio 6.1 de la VO était attendue mais rien ne nous avait préparé à un tel monstre ambiophonique. Déployant une dynamique incroyable, ce mix fait feu de tout bois et utilise avec intelligence, force et subtilité tous les canaux mis à sa disposition. Épousant l'intention du film de se mettre à hauteur de jouet, les bruits du quotidien deviennent de la matière à blockbuster : de l'anniversaire d'Andy précédant l'arrivée de Buzz à la frénésie juvénile et électronique de Pizza Planet, la VO ne relâche jamais sa garde sur les six canaux alloués. Le tout avec un rendu naturel propre à la sidération grâce à une spatialisation fine et une précision de sniper dans les effets multidirectionnels. Le subwoofer n'est pas en reste avec des descentes de graves robustes avant le point d'orgue : l'allumage de la fusée scotchée sur Buzz lors de la poursuite finale. L'expérience sonique est d'autant plus belle que les dialogues ne sont jamais menacés par l'activité surround.

 

 


 

 

Un mot sur la VF que l'auteur de ces lignes adore (peut-être même plus que la VO) grâce à un prolongement de l'esprit Pixar dans des jeux de mots tordants. Il s'agit bien du doublage avec Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois, Henri Guybet, Jacques Balutin et consorts. Il bénéficie d'une piste DTS plein débit à 1536 kb/s. En l'état, c'est une superbe piste. Comparée à la VO, hélas, le rendu est un plus métallique et moins dynamique.

 

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