Test : Roman de gare - Édition Collector

Julien Foussereau | 25 janvier 2008
Julien Foussereau | 25 janvier 2008

CHAM-PAGNE ! Claude Lelouch signe avec Roman de gare son film le plus potable depuis Tout ça pour ça. Certes, quelques « leloucheries » - comme dépeindre la paysannerie savoyarde en un ramassis de pécores aux aisselles fleurant le reblochon - auront tôt fait de faire germer le projet d'un autodafé de la discographie complète de Gilbert Bécaud. Sans oublier la fin Casimir... Il n'empêche, si un film tout juste satisfaisant apparaît inacceptable pour des pointures telles que Burton ou les frères Coen (au hasard), pour Cloclo, c'est le bout du monde.

 

« Que tu es vachard, Ignace ! » En même temps, Claude Lelouch le cherche bien tant la bienveillance initiale suite à la découverte de Roman de gare se voit froidement douchée par les bonus. Le cinéaste a bientôt 70 ans et l'heure est au bilan...et aux règlements de compte aussi. On avait gardé l'image d'un Lelouch abattu après l'échec de son « coup » des séances gratuites avec Les Parisiens, le revoilà en pleine forme et prêt à en découdre avec la presse. Autant être clair, notre profession va régulièrement morfler pendant plus de trois heures !

 

Les choses commencent doucement avec un making of (20min) dont l'assez bonne facture dissimule mal le melon respectable du monsieur. On apprécie l'ambiance conviviale qui règne sur son tournage. Il est difficile pourtant de ne pas sourire quand il hurle « C'est grandiose ! C'est du John Ford ! », tout fier qu'il est de son plan avec de vrais morceaux de troupeau ovin dedans.

 
Qu'elle était laineuse, sa vallée !

Deuxième disque et explicitation brutale de la mégalomanie avec Claude Lelouch, on s'aimera (52min) rétrospective / panégyrique / confessions intimes en voiture dans laquelle on trouve pêle-mêle considérations pleines de bon sens malheureusement émises sous forme d'aphorismes neuneus, mea culpa sur ses absences en tant que père, enfance difficile sous l'Occupation en tant que juif, vocation déclenchée par Quand passent les cigognes de Mikheil Kalatozishvili et une poignée de gentillesses pour la presse (bon, Les Cahiers sont les principaux visés). Le commentaire est dit par Anouk Aimée, on aperçoit quelques extraits de films moins connus de Lelouch et c'est tellement grandiloquent par endroits que l'on parierait presque que ce documentaire sera diffusé à la télé au moment de sa mort.

 

Petite pause récréative avec Cinéma de boulevard (4 min), segment « lelouchien » de Chacun son cinéma et hommage pudique du petit Claude à ses parents. On reprend ensuite de plus belle avec Les Interviews dont une fleuve du maestro (75 min) dans laquelle il ne manque pas d'en rajouter une couche sur la presse, relayé par ses acteurs (15 min), son scénariste (15 min), son assistant réal (4 min) et Hervé Picard, faux réalisateur de Roman de gare et vrai prof de tennis. Une galerie photo (4 min) parachève le tout.

 

Comment jauger ces trois heures de bonus ? Deux options possibles. Soit on les prend pour une mine d'informations pertinentes sur le bonhomme. Soit on adopte la posture confortable du moqueur face au « cas Lelouch », génie incompris ressassant ses mêmes formules éculées quand il n'hésite pas à se comparer à Orson Welles ou Godard.

Tourné en HD, Roman de gare passe l'épreuve du transfert DVD sans encombre. Le master est donc d'une propreté irréprochable. L'ensemble jouit d'une très bonne compression, garante d'une bonne stabilité dans les arrières plans. La définition générale figure parmi les bonnes surprises de ce transfert avec un piqué typique de la HD, les seules limites étant l'encodage MPEG-2 employé pour le SD et les scènes en basse lumière compliquées pour cette nouvelle technologie.

 

 

Une seule piste disponible : un Dolby Surround 2.0. Etrange. Il nous semblait que le film était en 5.1. Reste à savoir si le Blu Ray proposera également une séparation des canaux sur deux voies. Toujours est il que ce Dolby Surround délivre un son clair, des dialogues cristallins jamais étouffés par l'ambiance. Un bien comme un mal car on aurait aimé que les miasmes musicaux de Nos amis les terriens composés par Alex Jaffray (prod' Lelouch rappelons-le) et recyclés ici soient maintenus en sourdine.

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