Test : Coeurs perdus - Édition Collector

Julien Foussereau | 21 janvier 2008
Julien Foussereau | 21 janvier 2008

Ah Hollywood ! Cette façon que tu as d'embellir n'importe quoi ou n'importe qui par crainte d'indisposer ton auditoire, habitué depuis des décennies à voir défiler des beautiful people ! Un cas particulièrement révélateur dans Cœurs perdus, film relatant la dérive sanglante de Martha Beck et Ray Fernandez, un couple d'escrocs probablement responsables d'une vingtaine d'assassinats (on y revient...) Passons rapidement sur les bonus du premier DVD, Les dessous de l'affaire car, hormis l'étonnant lien de parenté entre le réalisateur Todd Robinson et, Chester Robinson, le limier traquant le couple meurtrier interprété par John Travolta (grand-père / petit fils), il n'y a rien de captivant.

 

Précipitez vous en revanche sur le deuxième disque pour entendre le rappel détaillé de cette sordide affaire par Stéphane Bourgoin (32 min). Si l'on réussit à supporter son parler très spécial, la récompense vaut le détour car Bourgoin ne démérite pas. Ce spécialiste des tueurs en série ne fait pas que détailler du factuel, il dévoile les profils psychologiques de Martha Beck & Fernandez et nous éclaire sur ces tandems assassins par une théorie plausible. Une théorie qui invalide complètement Cœurs perdus puisque l'obésité et la sensation de rejet des autres liée à celle-ci étaient des éléments déterminants chez Martha Beck pour qu'elle franchisse la ligne jaune du meurtre... éléments qui sont bien présents dans The Honeymoon Killers, premier film réalisé sur Beck et Fernandez et immanquable supplément de ce disque (voir critique)

 

 

 

Leonard Kastle, dont c'est l'unique réalisation, a eu l'excellente idée de faire appel à des comédiens peu connus mais ressemblant fortement aux deux criminels et de mettre en image le tout à la manière d'un documentaire. Le résultat est saisissant. Shirley Stoler en impose plus par ses silences malsains que Salma Hayek, son décolleté pigeonnant - magnifique certes- et son cabotinage effréné. Bien que âgé de 39 ans, The Honeymoon Killers laisse éclater quelques scènes de violence encore capable de nous glacer le sang aujourd'hui. Voici clairement un supplément qui envoie littéralement valdinguer le médiocre film qu'il est censé servir.

Le transfert de Cœurs perdus s'effectue non sans heurts sur le DVD. Il faut admettre que la photo du film avec sa palette chromatique dominée par l'orange ne facilite pas les choses. Rien d'insurmontable toutefois. C'est pourquoi on qualifiera ce transfert de « correct ». Les couleurs sont parfaitement retranscrites, la définition générale est on ne peut plus acceptable (même si l'on remarque un manque flagrant de piqué, voire une image un poil trop douce), les contrastes font montre d'un bel appui... dès l'instant où l'on reste en extérieur jour. Dommage quand on sait que la majorité des scènes ont lieu en basse lumière et là, les choses se compliquent un peu. Les arrière-plan grouillent beaucoup trop souvent, la chevelure pourtant noir de jais de Salma Hayek semble cramée par endroits et pas à l'abri de quelques pixelisations et ce, même au premier plan.

 

 

 

VO et VF DD 5.1. Ces deux mixages font preuve d'une belle ambiophonie même si la VO affiche une amplitude supérieure à celle de sa consœur française (cela s'entend rien que dans la diffusion de l'envoûtante musique de Mychael Danna) Dans l'ensemble, l'information diffusée vers les canaux arrière est essentiellement musicale et sporadiquement ambiante. Le doublage français proposé n'est pas très convaincant et les dialogues sur la voie centrale sont trop mis en avant.

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