Test : Michou d'Auber

Julien Foussereau | 31 décembre 2007
Julien Foussereau | 31 décembre 2007

Vous venez de regarder Michou d'Auber et les sécrétions lacrymales rechignent encore à couler le long de votre joue ? N'ayez crainte ! Thomas Gilou et son équipe pleurnicheront pour vous. La véritable histoire de Michou d'Auber, making of de 25 minutes, démontre une sincérité indéniable de Thomas Gilou pour l'histoire autobiographique de Messaoud Hattou (Depardieu lâchant ses propres deniers pour l'écriture du scénario par exemple) Le problème vient de cette mise en image larmoyante un brin pénible. On nous sort le grand jeu, musique omniprésente, martelage du message d'amour et de tolérance... à faire passer Plus belle la vie pour Oz.

 

Mais le comble de l'insupportable est franchi avec Avants premières, dix minutes d'autocongratulation. Le manque de pudeur déjà présent dans le making se voit décuplé avec les zooms obscènes sur les yeux « zhumides » de Messaoud Hattou. La projection privée dans un lieu bien connu des critiques en présence de la jeunesse albertivillarienne est l'occasion pour Thomas Gilou de régler brièvement ses comptes avec « ...les deux trois critiques habituels du 8eme arrondissement » (encore un qui a bien appris le règlement intérieur d'Europa Corp !) N'oublions pas non plus les réactions de spectateurs et de VIP (rasoirs comme ce n'est pas permis) dans lesquelles il est intéressant de constater que les larmichettes sont plus difficiles à extirper chez Toufik que chez Julie Depardieu. Inutile de se précipiter sur l'album photo de Gisèle (2min) et la scène coupée (80s)

 

En résumé, face à une telle profession de foi de citoyenneté niaise et rassurante, on aurait presque envie que Gilou mette en chantier sous l'égide de Luc Besson La Vérité si je mens 3. Ou comment Moshe et David luttent pour écouler leur Levi's taille basse face à la concurrence des Triades Chinoises. Pour ce faire, faites parvenir vos pires blagues racistes à Europa Corp.

L'éclairage naturaliste de Michou d'Auber est plutôt bien transféré sur DVD. On appréciera la bonne saturation des couleurs, un piqué d'image dans les standards actuels. On sera plus circonspect sur les fourmillements et les noirs brûlés en basse lumière, signe d'une compression pas toujours à l'abri de reproches. Le film de Thomas Gilou jouit néanmoins d'une image honorable dans son ensemble.

 

 

 

Un mixage 5.1 qui remplit son contrat. Les satellites arrière font preuve d'une certaine discrétion, qu'il s'agisse de la musique ou des bruits d'ambiance. L'essentiel se passe sur la façade avant. Pour le reste, les dialogues sont intelligibles en toutes circonstances. Une piste sereine, en somme. Les « sans-installation 5.1 » se reporteront sur l'honnête piste stéréo.

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