Test : La Disparue de Deauville

Julien Foussereau | 28 novembre 2007
Julien Foussereau | 28 novembre 2007

Rendons hommage à Desproges en réempruntant un de ses bons mots les plus méchants, à l'époque dirigé vers Marguerite Duras : Sophie Marceau n'a pas joué que dans des conneries, elle en a aussi réalisées. Et force est d'admettre que La Disparue de Deauville en constitue une bien belle entre son pillage du style hitchcockien, léger comme une rédaction de CM2, et sa musique à faire saigner les tympans d'Emmanuelle Laborit sans oublier, bien sûr, la propension de Melle Maupu à loucher sur son nombril.

 

Et, il en est lourdement question lorsqu'on s'aperçoit que l'écrasante majorité des suppléments est consacrée à Sophie. Sophie sur le plateau dirigeant ses comédiens avec le côté volontaire qu'on lui connaît, Sophie accourrant ventre à terre pour s'assurer que les cascadeurs sont indemnes, Sophie rigolant avec Christophe, signant des autographes... pendant 26 minutes, avec l'infâme musique du film. Le cauchemar. Vous en reprendrez bien pour 6 minutes de plus ? Alors, admirez le glamour de la star pendant la séance photo vintage pour les besoins du film. C'est tout juste si elle laisse quelques miettes (21 minutes) pour que Christophe Lambert, Nicolas Briançon et Simon Abkarian s'expriment (mollement) sur leurs personnages. Et de nous rappeler à quel point Sophie est géniale.

 

 

 

S'il ne devait n'y avoir toutefois qu'un supplément, ce serait assurément Sophie Marceau derrière la caméra.... Pendant 6 minutes, l'actrice (heu...) / réalisatrice (re-heu...) nous sort le grand jeu : dodelinement de la tête, pensées trop profondes sur la condition de l'acteur (Christophe, il met 50 ans de sa vie dans son personnage...) ou encore le choix cornélien entre être comédienne ou réalisatrice (on pense bien à une troisième solution...NDR). Mais, tout cela n'est que de la petite bière face à la bombe qu'elle lâche en fin d'interview : le cinéma est une affaire de communication, dans laquelle il s'agit de clarifier un discours pour le rendre le plus limpide possible au plus grand nombre. Pas forcément idiot, quand on y réfléchit. Seulement, quand on connaît le pedigree de l'interlocutrice. On se sent obligé de conclure cette chronique par une très basse mesquinerie à caractère cannois : UN DISCOURS ! UN DISCOURS !

Ce transfert DVD ne rend pas vraiment justice à la photo soignée de Laurent Dailland. La compression n'est pas toujours exemplaire, du coup, le bruit vidéo ne manque pas (cliquer sur l'onglet captures pour plus de détails). Ce problème va tellement loin qu'il peut apparaître puis disparaître dans le champ / contrechamp d'une même scène. Il en va de même avec les contrastes et la profondeur des noirs : irréprochables, s'il n'y avait ces sautes occasionnelles particulièrement laides. Pour protester devant un tel laisser-aller sur l'encodage, nous ne mettrons que des captures où les acteurs font la gueule.

 

 

 

Une seule piste proposée, une Dolby 5.1. Ce n'est pas forcément la panacée mais ce mixage fait correctement son travail. L'essentiel de l'action se situe sur la façade avant et les effets arrière sont assez rares. Cet espace est surtout occupé par la musique, vaguement intrigante dans les phases oniriques, horrible dès que ça s'agite.

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