Test : Tu marcheras sur l'eau

Sandy Gillet | 18 juillet 2005
Sandy Gillet | 18 juillet 2005

On a droit ici à une image mettant parfaitement en valeur les différentes ambiances chromatiques d'une photo ultra travaillée et qui n'ont d'autres objectifs que de coller au plus près à l'évolution psychologique du personnage central : lumineuse et très contrastée au début, déclinant progressivement vers le bleu gris au fur et à mesure que ses certitudes tombent une à une pour n'être au final qu'ombres et lumières propices à l'émergence des fantômes du passé. Le son n'est pas en reste avec une VO en DD 5.1 de facture certes classique mais dont la subtilité et l'équilibre de l'ensemble ne sont jamais pris en défaut. On mettra de côté la VF au doublage catastrophique et encodée en stéréo. 

 

  

 

En fil rouge de cette interactivité c'est l'étonnement du cinéaste devant l'engouement qu'aura suscité son film à l'international allant même jusqu'à faire l'ouverture du Festival de Berlin en 2004 avant sa sortie nationale en Israël. TF1 a de fait repris une émission de la télé israélienne intitulée Bonne soirée avec Guy Pines (sic !) qui s'est donc intéressée à ce film israélien invité à concourir au sein d'un des plus prestigieux festivals européens. On suit donc l'équipe dans l'intimité de son voyage en Allemagne (un peu à l'instar d'Eylal dans le film) rejoignant pour la circonstance les acteurs allemands en des retrouvailles plus que chaleureuses. Sous ses dehors de reportage un peu people, le document délivre cependant quelques vérités socio-historiques aux détours ici d'une image (la rencontre inopinée avec des néo-nazis, moitiés skinheads, moitié clochards, en plein milieu de l'Alexander Platz, la visite de la demeure où fut décidée le principe de « La Solution Finale » aujourd'hui devenue un musée) ou d'une confession (l'actrice Caroline Peters qui joue le rôle de la sœur avouant que son grand-père fut un nazi…). Forcément éprouvant.

 

 


 

Le second supplément d'envergure qui figure au sein de cette édition est le making-of ou baptisé comme tel. En fait il s'agit plus d'une featurette à l'israélienne, c'est-à-dire ayant bien pour objectif de promouvoir le film avant sa sortie mais selon des règles fort différentes de ce que le marketing hollywoodien nous a habitué. On a ainsi droit à l'histoire d'un film qui s'est un peu fait dans la douleur depuis la première lecture de son scénario à la cinémathèque de Tel-Aviv en 2002 devant un public avide et cinéphile jusqu'à sa présentation en avant-première en ouverture du festival de Berlin. En voix off et face caméra l'on trouve Lior Ashkenazi, le formidable interprète de l'agent du Mossad Eyal, qui dénoue avec passion les différentes étapes d'une production chaotique et riche en expérience. Le tout donne un document attachant et instructif quant aux us et coutumes de l'industrie cinématographique israélienne.

 

 


                                 Eytan Fox                                                                          Gal Uchovsky

 

Le reste de l'interactivité qui procède au demeurant d'un habillage/authoring fluide et assez réussi dans sa faculté à avoir compris l'esprit du film, réside en un clip ultra kitch, thème musical d'une séquence essentielle, de la article-details_c-trailers et d'une galerie de photos et de projets d'affiches. Bref rien qui n'ait été produit en propre par l'éditeur français qui s'est donc « contenté » de reprendre des bonus déjà existants. Pour autant il serait fallacieux d'user de cet argument pour passer à côté de ce petit bijou d'autant que TF1 Vidéo a soigné la partie technique réussissant en l'occurrence un quasi sans faute.

 

 


 

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