Leviathan : un grand film en Blu-Ray

Simon Riaux | 17 février 2015
Simon Riaux | 17 février 2015

Leviathan d’Andreï Zviaguintsev comptait parmi les œuvres qui nous avaient le plus marqués lors du dernier festival de Cannes, où le film a été honoré du prix du scénario. C’est donc avec impatience que nous attendions son édition vidéo.

Sans surprise étant donné le public restreint auquel s’adresse le film (hélas), la présente édition ne contient pas pléthore de bonus. Elle s’échine néanmoins à faire correctement son travail et à en proposer de pertinents.

On notera ainsi la présence d’un bel entretien avec d’Andreï Zviaguintsev qui revient sur plusieurs points essentiel de son film. Du titre, en passant par la conception de l’histoire, sa dimension politique, ou plutôt son absence de militantisme, c’est une belle leçon d’inspiration et de simplicité qu’offre le metteur en scène.

On découvre ainsi que le film ne s’est jamais pensé comme bêtement anti-Poutine, ou comme une violente charge à l’encontre du système politique Russe, mais bien comme la chronique d’une réalité dont les implications vont bien au-delà du contexte présent.

Le réalisateur revient aussi sur ses comédiens et notamment sur l’éclatante Elena Lyadova, dont la partition tout en clair-obscur insuffle beaucoup de son souffle tragique au film. Encore une occasion d montrer comment son cinéma, qu'on caricature souvent comme une création plastique très désincarnée, s'avère en réalité une réflexion très organique sur comment intégrer la dimension organique de ses personnages à l'écran.

De même, bien qu’elles ne soient pas toutes passionnantes, les nombreuses scènes coupées apportent leur lot d’informations sur la fabrication du film. On y découvre un principe de mise en scène, malgré l’importance attachée aux cadres et à l’esthétisme, qui s’appuie toujours sur ses acteurs et reste focalisé sur leur proposition.

Enfin, la présente édition permettra tout simplement, en DVD mai bien plus encore en Blu-ray, d’offrir à ce drame puissant un écrin digne de sa forme accomplie.
Le transfert du film rend aussi bien grâce à cette photo minérale qui manque de brûler les rétines qu’aux contrastes brûlants qui dynamisent parfois l’image.

Et sous cette apparente rugosité d’une société russe qui broie les individus et tous les personnages de Leviathan, c’est un cœur palpitant et saturé de Vodka qui apparaît. Nous vous renvoyons ainsi vers notre critique de cette tragédie à la fois simple et grande.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire