Western tous azimuts chez Sidonis

Tonton BDM | 16 juillet 2014
Tonton BDM | 16 juillet 2014

Avec plus de 160 titres au compteur, encore enrichis de 2 à 4 films tous les deux mois environ, la collection « Western de légende » de Sidonis s'impose aujourd'hui comme la plus impressionnante collection de DVD jamais parue en France. Et comme sur Ecranlarge.com, on aime les duels de cowboys et les colts solitaires, on a décidé de vous proposer un rattrapage des derniers titres en date de la série initiée par l'éditeur français.


Déjà disponibles depuis cinq ans sous les couleurs de Carlotta dans le bien nommé « coffret Allan Dwan » (lire notre test), les westerns de la collection « Western de légende » de Sidonis sortis au mois de mars/avril 2014 valent surtout le détour pour la présence, jusqu'ici inédite, de versions françaises sur tous les titres, pour la série de nouveaux suppléments qu'ils proposent, ainsi que pour la possibilité de les acquérir à l'unité, dans le packaging caractéristique de la collection lancée par Sidonis il y a quelques années.


Les quatre titres sortis au mois de mai/juin 2014 étaient quant à eux composés de deux inédits (Le shérif de fer, Sidney Salkow, 1957 et Les tambours de la guerre, Reginald Le Borg, 1957) ainsi que de deux films majeurs dont on attendait la remasterisation avec impatience (L'homme de la loi, Michael Winner, 1971, et New Mexico, Sam Peckinpah, 1961).



La reine de la prairie (Allan Dwan, 1954) : Ce qui étonne au premier abord quand on se lance dans le visionnage de ce petit western, c'est son ton général, son scénario et ses rebondissements (nombreux), qui, il faut bien l'avouer, sont d'une niaiserie confondante, proche des sérials ou de ces bandes-dessinées d'aventures éditées par Lug (Rodéo, Yuma, Miki le ranger...) que l'on feuilletait enfant, à l'ombre sur le balcon, un verre de Tang posé à côté des Big Jim. Autant dire que le spectateur pourra, selon son degré d'attachement au genre, au choix aimer ou détester ce film par trop innocent et coloré.



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Prévenant, l'éditeur Sidonis prévient le spectateur en avant-programme que le master de La reine de la prairie comporte encore des défauts à l'image que les technologies actuelles ne permettent pas de gommer ou d'atténuer. Et quelques imperfections sont certes toujours visibles à l'écran (tâches et autres griffes), mais dans l'ensemble, l'éditeur n'a pas trop à rougir du résultat final : le format est respecté, et la définition ne s'en sort pas trop mal (dans les limites d'un encodage DVD naturellement). Côté son, on privilégiera très nettement la version originale (naturellement proposée en mono d'origine) à sa petite sœur française, beaucoup trop étouffée même si le doublage d'époque est désuet à souhait et souvent très amusant.



Tornade (Allan Dwan, 1954) : Reposant quasi-essentiellement sur la prestation d'Yvonne de Carlo, qui incarne le double-rôle de deux sœurs que tout oppose, Tornade peine un peu à dépasser le stade du simple western anecdotique. Cela ne l'empêche certes en rien d'être sympathique, mais disons que cet artifice scénaristique aujourd'hui usé jusqu'à la corde semblera un peu mince pour le spectateur contemporain. Mais objectivement, le talent d'Allan Dwan pour torcher une petite série B carrée et respectueuse du genre et de ses passages obligés fait que le film se laisse suivre sans difficulté. Pour l'amateur de western, Tornade se consommera donc comme les fruits secs d'un mélange apéritif, une petite friandise vite oubliée, avalée négligemment en attendant de tomber sur une noix de cajou.



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Un peu dur avec lui même, l'éditeur Sidonis prévient le spectateur en avant-programme que le master de Tornade a fait l'objet d'une restauration, mais que des défauts irrécupérables demeurent à l'image. Et quelques imperfections sont certes toujours visibles à l'écran (tâches et autres griffes), mais dans l'ensemble, l'éditeur n'a pas trop à rougir du résultat final : le format est respecté, et la définition ne s'en sort pas trop mal (dans les limites d'un encodage DVD naturellement). Côté son, on privilégiera très nettement la version originale (naturellement proposée en mono d'origine) à sa petite sœur française, beaucoup trop étouffée même si le doublage d'époque est désuet à souhait et souvent très amusant.



Quatre étranges cavaliers (Allan Dwan, 1954) : Souvent considéré comme le roi de la série B western, Allan Dwan s'est en effet fait un nom dans le genre à force de signer de petits produits solides et carrés, mis en scène avec sobriété et rigueur. Quatre étranges cavaliers est un peu à part dans la filmographie du bonhomme, dans le sens où il affiche bien peu des clichés du genre : centré sur la quête d'un notable tentant de prouver son innocence tout en restant « cloitré » à l'intérieur même de sa ville, quasi-filmé en temps réel, le film ne propose ni duel dans la poussière, ni paysages sauvages de l'Ouest, ni attaque de banque, ni poursuite de train, bref, on est bien loin du souffle épique inhérent au genre... Mais il faut admettre que cette intrigue, si bavarde soit-elle, s'avère assez passionnante et originale pour qu'on la suive sans le moindre sentiment d'ennui, notamment grâce à l'indéniable message politique sous-jacent qu'elle véhicule.

 


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Comme d'habitude, vu l'âge du film, on notera forcément des imperfections au visionnage de Quatre étranges cavaliers (tâches, griffes, etc), mais l'ensemble est tout à fait honorable. Le format semble très légèrement recadré, mais la définition s'avère très satisfaisante. Côté son, la version originale ainsi que la VF (naturellement proposées en mono d'origine) proposent de bonnes prestations et une étonnante stabilité.



Niveau suppléments, on retrouvera sur chaque galette estampillée Allan Dwan la traditionnelle présentation du film par Patrick Brion. Cette présentation fait forcément un peu pâle figure quand elle est couplée à une autre présentation du film, signée Bertrand Tavernier. Ce dernier y évoque la dimension politique du cinéma de Dwan, et en remet une couche avec une présentation d'Allan Dwan, durant laquelle il revient sur la carrière et les films du bonhomme, en s'appuyant sur des anecdotes fortes et bien choisies. La classe. On terminera dans le classique, avec une galerie photos et la bande-annonce d'origine.



Le shérif de fer (Sidney Salkow, 1957) : Imposant son rythme lent et laissant une place prépondérante à la parole plutôt qu'aux colts fumants et trébuchants, cette rareté du western à papa permettra aux amoureux du jeu tout en économie de Sterling Hayden de retrouver leur chouchou dans un rôle taillé sur mesure. Les autres s'ennuieront peut-être quelque peu devant ce curieux mélange de western et de film de procès, Patrick Brion admettant lui-même dans sa présentation du film que l'intérêt principal du film est d'être jusqu'ici inédit en France.



Qui dit inédit en France dit VO only, proposée dans un mixage clair et sans trop de souffle. Rien à redire du côté des sous-titres. Côté image en revanche, c'est moins reluisant, le master du film n'étant clairement pas au top ; la compression nous impose beaucoup de pixels disgracieux, ce qui rend le visionnage un peu pénible par moments. Dommage.



Les tambours de la guerre (Reginald Le Borg, 1957) : Nous plongeant dés l'ouverture au coeur de l'action, et proposant des personnages plutôt originaux et bien dessinés -dont un personnage de femme forte assez amusant- le film de Reginald Le Borg (un cinéaste que tous les fans de Star Trek prendraient immédiatement en grippe) se délite malheureusement très rapidement par la suite, se muant en western naïf tendance kitschos, dont on retiendra néanmoins les magnifiques décors naturels, les couleurs pétantes et un sens du ridicule que beaucoup lui envient encore aujourd'hui.




Côté master, Les tambours de la guerre s'avère assez bien loti : si l'on excepte quelques plans vraiment abimés (principalement les débuts et fins de pellicule), la copie proposée par Sidonis propose une définition précise et des couleurs chatoyantes. Du beau boulot. Niveau son, on aura le choix entre la VF d'époque (un peu abimée et donnant l'impression d'être amplifiée au travers de boites de conserves) et la VO, claire, dynamique et sans souffle.



New Mexico (Sam Peckinpah, 1961) : Certes moins maîtrisé, passionnant et indispensable que les westerns majeurs qu'allait signer Peckinpah dans les années 70, New Mexico s'avère tout de même intéressant en tant que témoignage des progrès effectués, derrière la caméra et en une seule décennie, par le futur réalisateur de La horde sauvage. Cependant, et malheureusement, si New Mexico délivre par instants quelques bribes d'un génie à venir dans sa mise en scène, il s'agit tout de même indubitablement d'une oeuvre de débutant, pas forcément toujours très convaincante (au niveau des acteurs comme à celui de l'intrigue, tout cela nous laisse globalement sur notre faim), et surtout formellement très en deça de l'héritage grandiose que Savage Sam offrirait au western quelques années plus tard.

 


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Béni soit Sidonis, qui permettra au westernophile français de redécouvrir cette œuvre de jeunesse de Peckinpah dans des conditions ENFIN optimales ! Le master proposé par l'éditeur, en 16/9 et Cinemascope respecté, est de loin le meilleur disponible depuis longtemps. Oubliez les deux éditions DVD antérieures, celle-ci les enterre toutes, proposant un piqué inédit et un encodage sans faille. Côté son, on aura le choix entre la VO et la VF, toutes deux claires, propres et nettes. Un excellent travail de restauration.



L'homme de la loi (Michael Winner, 1971) : Très éloigné dans sa structure ainsi que dans son esthétique générale du western spaghetti très en vogue dans les années 70, L'homme de la loi porte néanmoins les stigmates du western post-moderne, autant dans les éclairs de violence très accentués qu'il donne à voir que dans sa volonté farouche de démystification des grandes figures de l'Ouest sauvage. L'élément le plus significatif est le personnage du "méchant" du film, l'éleveur Vince Bronson, incarné par Lee J. Cobb, qui tient beaucoup plus du bureaucrate intouchable que du sadique assoiffé de sang. Comme il le dit lui-même à ses sous-fiffres, l'heure n'est plus aux réglements de comptes à grands coups de colt, il suffit d'acheter la bonne personne pour se tirer d'un mauvais pas ou résoudre un conflit. De fait, même s'il n'est pas foncièrement sympathique, ce soi-disant bad guy paraît même plus fréquentable que l'inflexible cow-boy incarné par Burt Lancaster, qui campe sur ses positions de la manière la plus absurde qui soit, jusqu'à les renier en dernière bobine alors que ses espoirs de rédemption déçus semblent sonner le glas de sa santé mentale.

 


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Côté DVD, la nouvelle édition proposée par Sidonis arrive quelques années après une galette éditée par MGM, dont le master était fatigué. La remasterisation nous offre de redécouvrir le film dans d'excellentes conditions, qui plus est dans une copie non censurée, fidèle en tous points aux intentions de Michael Winner, un poil excessives dans la représentation de la violence (mais vraiment réjouissantes soyons honnête). L'éditeur nous propose en plus la VF d'origine couplée à la VO, toutes deux propres, sans (trop de) souffle et ne présentant aucun problème majeur.



N'oublions pas, bien sûr, la traditionnelle présentation de Patrick Brion présente sur chaque DVD de la collection. Plus ou moins bavard, plus ou moins inspiré / passionné selon les films, Brion fait au moins toujours acte de présence afin de défendre ses choix éditoriaux devant la caméra. C'est tout à son honneur !

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