Voyagez dans le temps avec les Blu-ray Disney

Tonton BDM | 3 février 2013
Tonton BDM | 3 février 2013

Cave d'Écran Large, 23 janvier 2013. Repu après un en-cas à base de croutes de fromage trempés dans du Nutella, assoupi devant un épisode de L'incroyable famille Kardashiasse, l'affable Tonton BDM mit un certain temps à remarquer les beuglements hystériques de son téléphone, négligemment posé sur une pile de magazines divers, allant de Spirou à Hot Vidéo en passant par Cynophilie française. Se saisissant du sésame tactile et tapageur, le rédacteur découvrit l'auteur de l'appel brise-sommeil : Sandy Gillet, son supérieur et mentor au sein du site, qui l'appelait des bureaux grand luxe situés au dessus de sa tête. Merde, se dit le pigiste endormi, qu'est ce que j'ai encore bien pu faire ? S'agirait-il encore d'un éditeur vexé par ma prose, ou d'un lecteur une fois de plus outré par une de mes plaisanteries ? Ou alors s'agit-il encore de notre rédac'chef Laurent Chapé qui menace de me virer parce que je n'ai pas mis la note maximale au dernier nanar réalisé par un de ses « amis » Facebook ? Il vaut mieux en avoir le cœur net !

- « Heu... Allo ? »

- « Petite raclure, tu croyais m'entuber ? »

- « Ah, bonjour, quel bon vent t'amène ? »

- « Bonjour qui, déjà ? Espèce de macaque décrépi »

- « Bonjour maître. »

Oui, Sandy aime qu'on l'appelle « maître ». Ses collaborateurs du moins sont sommés de l'appeler ainsi, sa femme et ses enfants étant quant à eux contraints de lui donner du « seigneur », et de ne jamais croiser son regard quand ils lui massent les pieds.

- « Je préfère. Alors comme ça tu essaies de m'entuber, petite merde ? »

- « Loin de moi cette idée, maître ! Tu m'avais dit que je pouvais utiliser ce compte off-shore si j'en avais besoin, et... »

- « Mais ferme ta gueule ! Je t'ai déjà dit cent fois de ne pas parler de ça au téléphone ! »

- « Ah mais maître, si tu parles de l'autre soir, j'ai nettoyé la DS du petit avec une lingette quand on a terminé, et... »

- « Ce n'est pas pour ça que je t'appelle, sombre crétin. »

- « Ah bon ? »

Ouuuuuuuuuf.

- « Je t'appelle pour les Disney du mois de juin, espèce de couille hydrocéphale ! »

- « Quoi ? »

- « Le 12 juin 2012 crâne de piaf, il y a eu une vague de Disney en Blu-ray. Tu devais me rendre ton papier il y a huit mois, tu pensais peut-être m'endormir ? »

 

 

- « Ah non, pas du tout, maître, je suis sur le coup d'ailleurs, il est presque prêt l'article, j'ai avancé à mort, il me reste plus que la conclusion à écrire je pense. »

- « Tu n'as pas écrit une seule ligne, c'est ça ? »

- « Oui. »

- « Putain, mais tu fais vraiment chier ! Je te donne quoi, quinze-vingt tests à faire par semaine, c'est trop demander ? Tu sais que ça se bouscule au portillon pour prendre ta place ? Tu le sais ça espèce d'ingrat ? »

- « Oui, maître. »

- « J'ai qu'à me pencher pour en ramasser, moi des stagiaires, et avec des plus beaux culs que toi, tu le sais ça ? »

- « Oui, maître. »

- « D'ailleurs il y en a une sous mon bureau en ce moment même. »

- « Oui, maître. »

- « Je plaisantais, connard. Qu'as-tu à dire pour ta défense ? »

- « Hé bien, ils étaient dans une pile de galettes, mais sur le haut de la pile, il y avait Melancholia. »

- « Bon, je comprends un peu mieux. Mais tu vas t'activer à me rendre ton papier, sinon je t'interdis de te marier en septembre. Depuis le temps, tu les as regardé, au moins ? »

- « Oui, bien sûr. »

 Non.

- « Bien, alors tu me rends ça fissa, sinon tu vas dérouiller. »

- « Oui, maître. »

- « Nan mais l'autre, il a cru qu'il pouvait m'entuber. On l'entube pas, le Gillet. T'as compris ? »

- « Non, par ce temps là, on l'enfile ! Le Gillet, Mouahahahahahaa !!!! AhahAHAHA HAHA !!! »

- « Tu es viré. »

- « Oui maître. »

- « La bise à Tiphanie. »

- « Merci, maître. »


Si vous le permettez, et puisque les conventions littéraires ainsi que la connivence rédacteur / lecteur rendent cet artifice possible sans avoir recours à d'onéreux effets spéciaux, remontons ensemble dans le temps.


12 juin 2012. Finie la neige, place au soleil. Les bacheliers sont en pleines révisions, les gémeaux fêtent leur anniversaire, et les gens sont contents de leur iPhone 4. Dans la douceur pré-estivale, les salariés commencent à sérieusement penser à leurs « grandes » vacances, tandis que les animateurs télé sont déjà aux Baléares depuis quinze jours. C'est cette douce période de l'année qu'a choisi Walt Disney Home Entertainment France pour nous proposer de retrouver, sur support Blu-ray, une série de « classiques » jusqu'ici inédits en bleu : Tarzan, Pocahontas et Rox & Rouky.


« Cherchez l'intrus » serait-on tenté de dire, tant il semble qu'il y ait eu d'énormes différences de traitement éditorial entre ces trois Blu-ray. A ma droite, nous avons l'idole des jeunes filles, la fringante Pocahontas (appelons la Popo, on est entre nous), qui s'offre une galette littéralement somptueuse, et à ma gauche ses deux challengers, les deux mal-aimés de la maison Disney, j'ai nommé Tarzan et Rox & Rouky, qui sont relégués au cul-de-basse-fosse éditorial, avec deux galettes vraiment décevantes, du genre dites donc vous vous êtes pas foulé Filatier, 10/20 Filatier, faudrait voir à pas vous reposer sur vos acquis Filatier, vous avez des capacités pourtant jeune homme, vous me donnerez votre carnet de correspondance j'aimerais en toucher un mot à vos parents moi (on le connait tous, ce genre là).


Commençons par les bons points : sur les trois titres, l'image est tout simplement irréprochable. La définition nous permet de découvrir des détails jusqu'ici inédits, les couleurs sont vraiment superbes, et pour n'en citer qu'un des trois, redécouvrir les prouesses de l'homme singe sur un grand écran dans de telles conditions est vraiment une bénédiction. Bref, les trois galettes méritent, sur ce terrain là, la note maximale. C'est sur le reste que ça se gate ! Car côté son, si Pocahontas s'offre de la HD à tous les étages (DTS-HD Master Audio 5.1 en VO, DTS-HD High Resolution Audio 5.1 en VF), elle est bien la seule à bénéficier de ce traitement de faveur : les deux autres titres restent désespérément encodés en standard, avec des mixages Dolby Digital 5.1 (Tarzan, en VF comme en VO) ou DTS 5.1 (la VO de Rox & Rouky).


Accédez à la galerie « Pocahontas » en cliquant sur la capture ci-dessous :





Accédez à la galerie « Rox et Rouky » en cliquant sur la capture ci-dessous :





Accédez à la galerie « Tarzan » en cliquant sur la capture ci-dessous :



 

Mais c'est surtout du côté des suppléments que vient la grosse déception. Si Pocahontas tire à nouveau son épingle du jeu avec une interactivité foisonnante reprise du DVD collector à laquelle ont encore été ajoutés quelques modules en HD, Tarzan et Rox & Rouky ne sont malheureusement pas logés à la même enseigne : le premier perd les nombreux bonus de l'édition collector de 2005 (chroniquée ici) pour ne garder que les trois modules SD absolument piteux et déjà disponibles sur l'édition DVD simple datant de l'an 2000 (voilà qui ne nous rajeunit pas). Le chien et le renard perdent aussi les bonus présents sur le DVD de 2007 (chroniqué ici), ou plutôt la troquent contre un court sujet - en HD - sur les animaux que tout oppose et qui, contre toute attente, s'entendent plutôt pas mal au final. Bref, si vous comptiez apprendre le plus infime renseignement sur la genèse, la conception ou le tournage du film, c'est raté.

 

Cela dit, et puisqu'il s'agit de la seule bonne élève de cette classe de feignasses, revenons donc brièvement sur les suppléments de la galette de Pocahontas. On y trouvera pêle-mêle un intéressant making of, une série de scènes coupées ainsi qu'une chanson finalement inutilisée, et quelques clips musicaux sans aucun intérêt, si ce n'est pour se moquer des choucroutes des chanteuses. On a également droit à un petit karaoké en HD, ainsi qu'un sujet bien plus passionnant qu'il n'y parait sur la musique du film. La genèse du film est également largement évoquée dans la section bonus, avec une note d'intention, un sujet sur une des sources d'inspiration du film, la légende de Hiawatha (en HD), d'interminables mais passionnants modules sur la conception graphique des personnages (même les personnages abandonnés y ont voix au chapitre) ou encore des comparaisons film/storyboards ou des comparatifs nous montrant les différentes phases d'animation. Bref, tout cela est très complet, on ne peut que saluer le boulot abattu par Disney sur ce titre là, surtout pour un film qui, pour le coup, a toujours eu du mal à trouver une place de choix dans le coeur des spectateurs en dehors des États-Unis.


Voilà, l'expérience touche à sa fin, vous pouvez retourner dans le présent.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire