Wonder Woman - Blu-Ray : quelques mois après le phénomène, on teste le blockbuster féministe de Warner en vidéo

Florian Descamps | 20 novembre 2017
Florian Descamps | 20 novembre 2017
Wonder Woman
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Avant Justice League (notre critique ICI) et son équipe de méta-humain trop artificielle pour convaincre, il y a eu Wonder Woman de Patty Jenkins. Un quatrième film DCEU avec certes quelques défauts, mais aussi le mérite de ressusciter un personnage oublié depuis presque quatre décennies et l'arrêt des aventures de la mémorable Lynda Carter. Une jolie surprise donc, mais aussi une certaine idée du féminisme.


FEMME(S) DE POIGNE...

Couvrir la sortie Blu-Ray de Wonder Woman après l'affaire Weinstein a cela de pertinent qu'elle permet de retracer la genèse d’un mouvement qui explose aujourd'hui. On se souvient en effet qu’avant d’emballer les charts du monde entier, le film était auréolé d’une flatteuse image féministe, étant le premier blockbuster d’envergure confié à une femme au-delà même de l’icône qu’est son héroïne.

Symbole avant d’être film (ie. l’accueil chaleureux et hyperbolique que lui fit une partie d’Hollywood), il n’était donc guère étonnant de le voir chiper il y a quelques jours le record du plus gros succès d’une origin story au Spider-Man de Sam Raimi avec 821 millions de dollars sur le seul territoire américain (à condition de ne pas trop regarder l'inflation hein...). Mais près de six mois après sa sortie salles, que reste t-il donc du phénomène féministe du DCEU ? Le sentiment qu’il fut l’une des premières pierres des révoltes #metoo et #balancetonporc, pour sûr. Mais aussi aussi un film généreux et efficace qui ressort sous une très chouette édition HD. Portrait de l’un des Blu-Ray les plus attendus de cette fin d’année.

Photo Gal Gadot

Diana Prince a mis un coup de fouet à Hollywood

 

Quoi qu'on puisse penser, ou quelle que soit l'analyse faite de son sous-texte, de sa mise en scène et de la finesse du message qu'il délivre, ou fait mine de délivrer, Wonder Woman a été perçu, notamment aux Etats-Unis, comme un symbole d'empowerement. Soit une oeuvre cristallisant, soulignant et affirmant les femmes comme des individus autonomes et ne dépendant jamais des actes, du jugement ou du regard des hommes. Une simple balade sur les réseaux sociaux suffit à en témoigner.

Peut-être importe-t-il peu finalement que le blockbuster soit souvent contradictoire, que son discours paraisse en réalité bien plus convenu qu'il ne le présente et que son féminisme ne triomphe jamais des recettes traditionnelles du genre : quantité d'hommes et de femmes ont vu dans le personnage incarné par Gal Gadot un emblème dont ils se sont emparés, un avatar à la fois bouclier et étendard. On aura beau jeu de prolonger les arguties sur le féminisme réel du film, celui que lui prête le public est aujourd'hui indiscutable.

 

gal et chris

Un homme toujours dans le cadre



...POUR EDITION COUP DE POING ?

S’il y a une chose que l’on peut reconnaître au Wonder Woman de Patty Jenkins, c’est sans doute sa photographie. Si elle tend allègrement du côté de la patte désaturée de DC, elle sait aussi s’émanciper au gré de certaines scènes plus singulières, comme son étonnante première partie au royaume de Thermiscyra. En ce sens, elle offre ici à l’édition un pari réussi : en 4K comme en Full HD, la photographie de Matthew Jensen se trouve magnifiée par un master soigné, aux contrastes et colorimétries de premier ordre. Inutile d’y chercher un défaut : les caméras Arri Alexa 65 réquisitionnées sur le tournage se sentent (malgré un master final établi en 2K), et Diana et son équipe sont éligibles à la démo technique. 

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capture 1

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Élément parfois oublié sur nos éditions hexagonales, la partie son béneficie du même traitement. Sur les BR et BR Ultra HD qu'il nous a été permis de tester, on retrouve ainsi des pistes difficilement attaquables : en VF et VO Dolby Atmos 7.1 du côté UHD ou Dolby Digital Plus 7.1 sur le simple Blu-Ray, sont offerts des mixages amples, aux dialogues cristallins et à la bande-son de Rupert Gregson-Williams particulièrement mise en valeur. Que l'on bénéficie ou non des dernières installations en vigueur, il y aura de quoi profiter de sa séance.

Il n’y a en fait que du côté bonus que l’on pourrait trouver à redire. Pas avare en contenu, la section pèche néanmoins par son angle promotionnel appuyé, à l’image de ses featurettes making of (La création de la Wonder Woman moderne - 16min, l'ensemble La vision d'une réalisatrice ou Les femmes derrière la caméra - 15min34), touche-à-tout mais trop congratulatoires pour garder l'intérêt. Ce qui semble en revanche non négligeable se trouve du côté des scènes coupées et alternatives, où l'on retrouve des séquences bien senties et que l'on aurait pour certaines aimé retrouver au montage final. Entre deux échanges entre Diana Prince et Steve Trevor, il faudra donc retenir cet épilogue drolatique d'Etta où, face aux amis de Steve Trevor joyeusement machistes, la secrétaire remet tout le monde à sa place. Peut-être LA scène féministe du métrage.

CAPTURES SUPPLÉMENTAIRES

capture 3

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capture 5

 

Éditions de qualité donc, que ces Blu-Ray et Blu-Ray UHD de Wonder Woman. Le mérite en revient à une facture technique travaillée, et à quelques suppléments que l'on aurait aimé voir un peu plus briller.

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