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Critique
Avec « La collectionneuse », Eric Rohmer signe peut-être là le meilleur de ses six « contes moraux ».
Cet opus apparaît comme celui de la Jeunesse et de la Modernité. Il est en tout cas celui qui s’éloigne le plus des principes guindés de la Bourgeoisie que Rohmer aime d’habitude à dépeindre. C’est sans doute le plus déconnecté de tout espace-temps et de toute contingence, celui qui passe le mieux le cours des années, le plus universel.
Et pour cause ! « La collectionneuse », c’est la narration d’une période en dehors de tout contexte, exceptionnelle, unique pour les personnages qui la vivent. C’est l’été, ce sont les vacances, avec la mer et la villa prêtée par des amis. Rien de plus commun.
C’est l’occasion pour Adrien, un « collectionneur » d’antiquités (Patrick Bauchau) de ne rien faire, et de le faire bien et pleinement.
C’est l’occasion pour Haydee, notre « collectionneuse », de débarquer, de profiter de ses vacances comme elle l’entend, et de semer par là même le trouble dans les projets d’inactivité d’Adrien.
Le décor étant planté, il s’ensuit tout un jeu de manipulations et de complicités secrètes entre deux personnages que tout oppose et que tout réunit, qui s’opposent et se rejoignent, tentant de prendre à chaque instant l’ascendant sur l’autre. En vain. Dans ce domaine, tous deux sont des as, et chacun en fera les frais.
A travers ce qui apparaît officiellement comme étant un portrait de femme moderne, Rohmer déroule sa réflexion « morale ». Il retourne donc, à l’instar de ses cinq autres contes, un discours établi (« Collectionner, c’est pas beau, surtout pour une fille ! »), détruit les repères usuels… Il devient alors difficile de savoir qui collectionne et qui est collectionné, ce que c’est que collectionner. Il ne s’agit plus là que de comportements humains naturels (innocents et viciés à la fois) pour lesquels la question de la morale ne se pose plus.
Cet opus apparaît comme celui de la Jeunesse et de la Modernité. Il est en tout cas celui qui s’éloigne le plus des principes guindés de la Bourgeoisie que Rohmer aime d’habitude à dépeindre. C’est sans doute le plus déconnecté de tout espace-temps et de toute contingence, celui qui passe le mieux le cours des années, le plus universel.
Et pour cause ! « La collectionneuse », c’est la narration d’une période en dehors de tout contexte, exceptionnelle, unique pour les personnages qui la vivent. C’est l’été, ce sont les vacances, avec la mer et la villa prêtée par des amis. Rien de plus commun.
C’est l’occasion pour Adrien, un « collectionneur » d’antiquités (Patrick Bauchau) de ne rien faire, et de le faire bien et pleinement.
C’est l’occasion pour Haydee, notre « collectionneuse », de débarquer, de profiter de ses vacances comme elle l’entend, et de semer par là même le trouble dans les projets d’inactivité d’Adrien.
Le décor étant planté, il s’ensuit tout un jeu de manipulations et de complicités secrètes entre deux personnages que tout oppose et que tout réunit, qui s’opposent et se rejoignent, tentant de prendre à chaque instant l’ascendant sur l’autre. En vain. Dans ce domaine, tous deux sont des as, et chacun en fera les frais.
A travers ce qui apparaît officiellement comme étant un portrait de femme moderne, Rohmer déroule sa réflexion « morale ». Il retourne donc, à l’instar de ses cinq autres contes, un discours établi (« Collectionner, c’est pas beau, surtout pour une fille ! »), détruit les repères usuels… Il devient alors difficile de savoir qui collectionne et qui est collectionné, ce que c’est que collectionner. Il ne s’agit plus là que de comportements humains naturels (innocents et viciés à la fois) pour lesquels la question de la morale ne se pose plus.


