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Critique
"Les trois visages de la peur" est à la fois très représentatif du style de Mario Bava, et par certains aspects assez éloigné de son registre habituel. On y retrouve son amour des intérieurs baroques, des éclairages étranges et irréels, des belles femmes peu vétues, mais on se laisse surprendre par le fait qu'il s'agisse d'un film à sketches, ou que le cinéaste désamorce ses effets dans un épilogue très Lelouchien.
Le premier sketch du métrage, intitulé "Le Téléphone", serait adapté d'une nouvelle de Maupassant : on se permet d'en douter étant donné que Maupassant est décédé en 1893; et on définit plutôt la paternité littéraire du récit à F.G Snyder. Ce premier court demeure cependant une bien jolie mise en bouche : Bava y filme Michèle Mercier à moitié nue dans un appartement surréaliste, rappelant en bien des points l'appartement de "Six femmes pour l'assassin". Ce court film plein de tension et de sensualité permet surtout au directeur photo Ulbaldo Terzano de s'éclater en créant des éclairages impossibles (des lumières des les tiroirs, etc).
Le second sketch, adapté de Tolstoï, s'appelle "Les Wurdalaks" (prononcer "les vourdalaques") et s'attarde sur un personnage de vampire interprété par Boris Karloff. Ce segment est sand oute le plus faible du métrage, car il évoque trop le cinéma de la Hammer et surtout les adaptations de Poe par Roger Corman. Restent cependant le soin apporté aux éclairages et l'amusante réplique de Karloff "Je suis mort... de faim", écho lointain du "Je ne bois jamais... de vin" de Dracula dans le récit de Stoker.
La dernière partie du film est adaptée de Tchekhov, et se révèle la plus riche et la plus hypnotique. Véritable délire visuel et sonore aux gimmicks entêtants (les lumières rouges et vertes fusent à chaque goutte tombant dans l'appartement de l'héroïne), "La Goutte d'eau" est un des sommets crypto-gothiques et quasi-hypnotiques de la carrière de Bava, et justifie à lui seul la vision des "trois visages de la peur".
Le premier sketch du métrage, intitulé "Le Téléphone", serait adapté d'une nouvelle de Maupassant : on se permet d'en douter étant donné que Maupassant est décédé en 1893; et on définit plutôt la paternité littéraire du récit à F.G Snyder. Ce premier court demeure cependant une bien jolie mise en bouche : Bava y filme Michèle Mercier à moitié nue dans un appartement surréaliste, rappelant en bien des points l'appartement de "Six femmes pour l'assassin". Ce court film plein de tension et de sensualité permet surtout au directeur photo Ulbaldo Terzano de s'éclater en créant des éclairages impossibles (des lumières des les tiroirs, etc).
Le second sketch, adapté de Tolstoï, s'appelle "Les Wurdalaks" (prononcer "les vourdalaques") et s'attarde sur un personnage de vampire interprété par Boris Karloff. Ce segment est sand oute le plus faible du métrage, car il évoque trop le cinéma de la Hammer et surtout les adaptations de Poe par Roger Corman. Restent cependant le soin apporté aux éclairages et l'amusante réplique de Karloff "Je suis mort... de faim", écho lointain du "Je ne bois jamais... de vin" de Dracula dans le récit de Stoker.
La dernière partie du film est adaptée de Tchekhov, et se révèle la plus riche et la plus hypnotique. Véritable délire visuel et sonore aux gimmicks entêtants (les lumières rouges et vertes fusent à chaque goutte tombant dans l'appartement de l'héroïne), "La Goutte d'eau" est un des sommets crypto-gothiques et quasi-hypnotiques de la carrière de Bava, et justifie à lui seul la vision des "trois visages de la peur".
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