La Rivière sans retour

River of no return

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20 jan. 2012 Par Gibet Star Rating 3

 

Le film l'assène régulièrement : la rivière est sans retour. Pourtant, à aucun moment on ne ressent l'urgence et la panique que le voyage forcé sur cet impitoyable cours d'eau induit. Cette absence de tension est due, semble-t-il, à l'inefficacité presque exemplaire des scènes d'action sur le radeau ; on ne peut pas dire qu'elles aient mal vieilli car il ne semble pas qu'elles aient pu un jour avoir un quelconque effet sur le spectateur. Les incrustations ratées, les plans subjectifs affreux, les problèmes d'échelle, la bande-son hors de propos et le montage impuissant à insuffler l'épique ne provoquent au mieux qu'un ennui poli.

Manifestement, Otto Preminger n'est pas à l'aise avec l'Aventure et si le métrage contient quelques belles réussites, c'est ailleurs que dans cette futile promesse du titre.

On éprouve un réel plaisir à voir évoluer dans ces décors naturels les corps de Robert Mitchum et Marilyn Monroe – les corps, oui, car ce n'est pas pour la sophistication de leur jeu qu'on les saluera ici. Les acteurs sont bel et bien présents, parés à tout offrir, mais ils défendent une partition particulièrement pauvre où défilent personnages stéréotypés – la brute au cœur tendre, l'enfant naïf en plein parcours initiatique, la femme qui oscille entre maman et putain - et dialogues sans saveur. De fait, les séquences les plus réussies émanent du simple spectacle de Monroe qui ramasse du bois ou de Mitchum attrapant un cerf au lasso, deux chairs bien ancrées dans leur genre dont la confrontation avec cette authentique faune est d'autant plus charmante qu'on a l'impression d'assister à leur première sortie hors des studios.

A un moment, Kay, personnage de Monroe, plus tôt tombée à l'eau, se fait réchauffer par Matt Calder, personnage de Mitchum. Kay est nue sous une couverture et, à travers le tissu, Calder la frictionne dans sa brutalité sereine d'homme des champs – c'est le summum de la rencontre charnelle. Malheureusement, la scène, soutenue par un fort potentiel érotique, est parasitée par l'utilisation d'une musique bucolique en décalage. Pour la deuxième fois, nous faisons mention de ces mélodies inadéquates : c'est que c'est un problème substantiel de l'œuvre. La bande originale a autant d'intensité qu'une musique d'habillage libre de droit et n'ajoute rien jamais rien aux situations.

Paradoxalement, l'autre grand succès de l'affaire se situe dans les scènes musicales. Sobrement mises en scène, souvent en un seul plan, elles sont portées et transportées par le charisme de Marilyn, qui trouve en ces numéros un terrain de jeu à sa hauteur. Ainsi, l'émotion ne survient à proprement parler qu'au détour de la chanson éponyme, interprétée avec une maîtrise délicieuse.

Hélas, ces bulles de fraîcheur dans le flot mou sont trop peu nombreuses pour qu'on ait envie de revenir y plonger, et c'est peut-être en ça que la rivière est sans retour.


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La Rédaction06/08/2007 09:09 par La Rédaction

Rivière sans retour (La)

Vous pouvez discuter ici du film Rivière sans retour (La). Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-9806.php LIRE LA SUITE

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