The Mist

Mist (The), États-Unis, 2007

Mist (The)
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Critique

Ilan FerryIlan Ferry 10 fév. 2008 Star Rating 7

Les œuvres de Stephen King ont été tellement mal traitées au cinéma (voir le récent exemple de Dreamcatcher) que chaque annonce d’une nouvelle adaptation apporte son lot d’appréhensions et méfiances de bon aloi. Or, il semble bien que la tendance tend à s’inverser dès lors qu’elle est confiée à des mains aptes à retranscrire l’esprit empreint de nostalgie et d’horreur propre à l’univers de King.

Frank Darabont et son The Mist s’inscrivent directement dans cette lignée, le réalisateur prouvant après Les évadés et La ligne verte qu’il était tout à fait possible de respecter l’œuvre de King en s’adressant à un public plus mainstream. On retrouve ainsi dans The Mist les principales obsessions et attraits inhérentes à la bibliographie de notre maître de l’horreur : le cadre toujours aussi magique du Maine, l’attention toute particulière portée aux « petits gens » comme miroirs de l’Amérique affectionnée par King, et surtout l’élément paranormal comme catharsis des vices cachés de l’homme. Ajoutez à cela l’emprise toujours prégnante du « phénomène de masse », saupoudrez le tout d’obsessions purement Lovecraftiennes et vous obtiendrez un étonnant huis-clos à mille lieues de toute adaptation aseptisée.

Aussi bien formellement que narrativement, The mist pourrait bien représenter le film de la maturité pour un Frank Darabont jusqu’ici trop académique dans ses partis-pris. Cadres serrés empruntés à 24 et The shield, rapide mise en place de l’action, Darabont ne s’embarrasse pas de détails inutiles et rompt instantanément avec l’académisme qu’on aurait pu craindre de sa part. Le cinéaste n’hésite ainsi jamais à verser dans le gore qui fait mal et instaure un climat des plus étouffants. La peur ne vient pas tant de l’indicible apporté par cette mystérieuse brume mais bien de l’hystérie collective attisée par le fanatisme religieux d’une Marcia Gay Harden terrifiante à souhait. Le malaise y est donc savamment distillé jusqu’à sa déchirante conclusion (différente de celle du livre original) d’un nihilisme encore rarement atteint dans une production de cette envergure. Du bel ouvrage !

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