Vinyan

Vinyan

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05 oct. 2008 Par 2501 Star Rating 5
Le réalisateur Fabrice du Welz, acclamé avec son premier film Calvaire, revient avec un drame sur la perte d'un enfant pendant le tsunami en Thaïlande, sujet qui a de quoi intriguer ceux qui l'attendant au tournant du genre.

Mais Vinyan est un film à la croisée des chemins, et son malheur est de tâtonner à ce niveau au lieu d'emprunter franchement une voie. Celle du drame psychologique s'accommode mal de la prégnance formelle du film, située entre Gaspar Noé (à qui il emprunte un générique agressif) et Philippe Grandrieux pour les expérimentations, pics sensoriels souvent impressionnants mais trop détachés d'une intrigue sans substance. Si Vinyan n'envoûte pas comme il le souhaiterait tant, c'est qu'il confond viscéralité et maniérisme bruyant, et surtout que l'empathie est aux abonnés absents dès le début. Ce n'est pas la faute d'une interprétation investie, Rufus Sewell et Emmanuelle Béart font tout ce qu'ils peuvent leurs personnages ne sont pas assez écrits, et le film tourne en rond comme eux au lieu de s'enfoncer dans des abysses de la folie ambitionnée.

L'ambiance est plus d'une fois réussie, oppressante (gros travail sonore), mais ne suffit pas à accrocher sur la durée. On sent trop l'application esthétique, Du Welz et son surdoué chef-opérateur Benoît Debie s'amusant apparemment comme des petits fous, comme persuadés de réaliser le "film-claque", jusqu'à rendre Vinyan creux, et prétentieux. Il est dommage de voir tant de talent gâché par un manque de rigueur narrative et thématique. Il faut savoir concilier expérimentation et volonté de raconter un drame cohérent et touchant. Pari raté.

Nous sommes de pauvres observateurs incrédules, à la place d'un Rufus Sewell perdu et halluciné, et la position se fait de plus en plus lassante devant l'évolution très référencée du film. Entre Apocalypse Now et Les Révoltés de l'an 2000, la dernière partie frôle plusieurs fois le ridicule pour finir par indifférer totalement. Bien dommage car une telle ambition formelle se fait rare. Si elle n'est pas au service d'une histoire correctement racontée, elle passe fatalement pour de l'apparat vide et sentencieux.


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Sous la prétention lourde (taille de caractères 72 au générique, on en rit encore…), la bêtise, trop occupée à se féliciter au lieu de construire un minimum son récit. Affligeant.

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Julio Lopez11/12/2009 00:34 par Julio Lopez

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