Ville d'amour et d'espoir (Une)

Ai to kibo no machi

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



15 juil. 2007 Par Francis Moury Star Rating 7

 

Après ses études de droit, Oshima travaille comme assistant réalisateur à la Shochiku dès 1954, pour Masaki Kobayashi notamment. Une Ville d’amour et d’espoir est son premier film à part entière : comme le remarque Donald Richie, Oshima dépeint pourtant ici une ville qui ne comporte ni amour (autre que déçu) ni espoir (autre que vain). C’est que le film devait à l’origine s’intituler Le Garçon qui vendit son pigeon / Le Garçon qui vendit sa colombe : selon les filmographies françaises d’Oshima publiées au XXe siècle.

En fait il s’agit de pigeon, et pas du tout de colombe même si de loin, le doute peut être permis. La Shochiku préféra le titre d’exploitation retenu au générique, davantage commercial de toute évidence. Oshima y développe déjà une variation sur la délinquance juvénile – sujet en vogue à l’époque et qu’il abordera à nouveau avec Contes cruels de la jeunesse. Mais il fait davantage : il intègre à un très classique néo-réalisme, parfaitement servi et mis en place, quelque chose de plus sournois et de plus secret qu’il développera par la suite d’une manière davantage spectaculaire : l’idée d’une fragilité des conventions sociales prêtes à exploser sous la pression de pulsions irrationnelles. Ce film surprit désagréablement les dirigeants du studio par son point de vue pessimiste sur la société japonaise mais les critiques furent bonnes : on donna à son réalisateur une « seconde chance » peu de temps après qui s’appela Contes cruels de la jeunesse. Ils furent tout aussi pessimistes !

Du point de vue purement formel, notons le grand nombre de plans tournés sur une brève durée : Une Ville d'amour et d'espoir est un long-métrage « court » ou un moyen métrage « long », au choix, puisqu’il ne dure qu’un heure. Et notons aussi le montage très nerveux et dynamique de ces plans. Certains plans sont de discrètes prouesses techniques : celui où Fumio Watanabe abat le pigeon avec son fusil semi-automatique de calibre 12 ou 20 sous les yeux de sa sœur, par exemple, utilise à la fois les techniques du décadrage et de la profondeur de champ. Le format Scope 2.35 est parfaitement employé en dépit du petit budget du film qu’il magnifie visuellement.

 

Remarquons que ce premier film d’Oshima est rendu accessible aux cinéphiles français avec presque 50 ans de retard : mieux vaut tard que jamais.



LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

CRITIQUES SPECTATEURS

TOUTES LES CRITIQUES

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Nicolas Thys :

Star Rating 8

Francis Moury :

Star Rating 7


La Rédaction15/07/2007 17:51 par La Rédaction

Ville d’amour et d’espoir (Une)

Vous pouvez discuter ici du film Ville d’amour et d’espoir (Une). Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-9548.php LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Dossier Spielberg
Bazar Blu-ray
L'annuaire Blu-ray le plus complet du web
Ecran Large ouvre sa base de données

Newsletter