Lost, les disparus

Lost, États-Unis, 2004

Lost, les disparus
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Critique

GregmondGregmond 04 sep. 2007 Star Rating 0
Cela fait maintenant trois ans qu’on se pose la question.
Qu’est ce que Lost ?
Œuvre somme absolument géniale, ou vaste fumisterie ?
Série mainstream, ou show philosophique ?

Dès les premiers épisodes, la série initiée par J.J Abrahms et Damon Lindelof s’avère être un O.F.N.I (objet filmique non identifié).

Avec sa construction bipolaire, Lost semble vouloir grappiller tous les publics.
Dans les flashbacks, on flirte avec le soap, et sur l’île, dans la narration au présent, l’œuvre s’oriente nettement vers le survival, l’horreur, et le fantastique, voir même vers une adaptation adulte de Lord of the flies.

Après 75 épisodes, on ne saurait toujours pas caractériser le show.

Pare que Lost a une énorme qualité, qui s’est aussi avéré être son principal défaut :
Lost est l’œuvre de tous les possibles, le Brigadoon narratif.

Demain, les auteurs peuvent décider que Lost est une série de science fiction, ou au contraire, un drame Bergmanien sur le deuil.
Et le spectateur sera bien obligé de suivre.

Véritable usine à fantasme, l’œuvre télévisuelle fleuve n’a jamais affectée la pudeur.
On introduit des personnages par wagons, pour les faire disparaître massivement, et chaque épisode ne saurait clore une intrigue sans en faire naître une poignée d’autres.

La première saison aura été encensée, principalement parce qu’elle était porteuse d’immenses espoirs.
La seconde a été vilipendée, jugée trop attentiste, trop centrée sur son bunker techno métaphysique.
La troisième marque le temps de la réhabilitation.

Parce qu’enfin, Lost la mystérieuse concrétise quelques espoirs.

Le show prend le chemin du drame.
Dans cet océan de solitude, les personnages n’ont plus que la manipulation pour moteur.
Et même Jack Shepard, père Thérésa par excellence, se révèle être un imbécile borné.

On vous le disait, Lost n’a aucune limite, pas même celle du respect dû aux icônes.

Dans ce purgatoire sordide et sublime à la fois, même le plus insipide des personnages peut prendre une dimension épique.
John Locke, sorcier mystique, devenu pathétique, regagne miraculeusement le devant de la scène.

Et dans son season final, la série effectue une pirouette sublime, réorientant sa narration pour les trois ultimes saisons à venir.

On pensait le show moribond, croqué net par le phénomène Heroes, mais les auteurs ont démontrés qu’au delà du racolage inhérent à un projet aussi couteux, destiné à un si large public, Lost n’est pas un Big Mac culturel destiné aux nerds.

C’est un drame à la fois dense et disparate.

Ou une série fantastique.

Ou un peu de tout cela.

On en reparle en 2010.

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