Speed

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29 nov. 2011 Par bEUDinet Star Rating 6

 

Prototype de blockbuster estival faisant la part belle à l'action et au rythme, "Speed" semble, comme ses protagonistes, piégé par un terroriste qui l'oblige non pas à conduire un bus sans descendre en dessous de la barre des 50 miles par heure mais qui le force plutôt à enchaîner les rebondissements, tous plus énormes les uns que les autres, toutes les dix minutes. Il en résulte un côté un petit peu mécanique de l'intrigue (mince, un bouchon sur l'autoroute; flûte, notre chauffeur est blessé; zut, notre pneu est crevé; merde, il manque quinze mètres de route) qui laisse peu de place à la psychologie des personnages et aux interactions entre les occupants de ce bus, pourtant nombreux...

Dans l'excellente première séquence, dite de l'ascenseur, il saute aux yeux que Jan De Bont a travaillé avec John McTiernan sur "Piège de cristal" et il dote d'ailleurs son personnage principal d'un petit côté John McClane (défiance vis-à-vis de la hiérarchie, côté franc-tireur et sens du punchline conclusif -« Yeah? Well, I'm TALLER!»). Hélas, Keanu Reeves n'est pas et ne sera jamais Bruce Willis.
Le mérite de la relative réussite de "Speed" revient donc principalement à son réalisateur, qui signe un blockbuster addictif -bien que peu crédible- avec deux des acteurs les plus surcôtés de leur génération. Dennis Hopper s'en donne quant à lui à coeur joie en bad guy déglingué et iconique doté d'un cynisme réjouissant ("NO! Poor people are crazy, Jack. I'm eccentric").
De Bont en profite d’ailleurs pour jouer de façon un petit peu perverse (osera-t-on dire de façon verhoevienne) avec le côté politiquement correct propre à Hollywood, qui autorise les rafales de kalachnikov et les explosions pyrotechniques à la condition express qu’aucun civil innocent -et américain- ne passe l’arme à gauche. Ainsi, dés le début de la folle poursuite contre la vitesse, le bus renverse un landau. Affolés, les occupants se rendent compte qu'il contenait... des canettes. Idem avec l'explosion finale du bus qui percute un avion en transit. "Heureusement" vide, puisqu’il s’agit d’un avion cargo.

Directeur de la photographie reconnu, arrivé aux États-Unis avec son camarade Paul Verhoeven et ayant travaillé avec quelques uns des réalisateurs de cinéma d'action les plus importants des eighties (McTiernan donc mais aussi Ridley Scott et Richard Donner), Jan de Bont passe donc à la mise en scène de façon convaincante avec ce pur divertissement prônant la surenchère et l'action non stop. La suite de sa carrière sera nettement moins réjouissante, le Hollandais ne retrouvant pas un projet au potentiel aussi jouissif que ce notable "Speed".


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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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