La Forêt de Mogari

Mogari no Mori

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



09 nov. 2007 Par 2501 Star Rating 5
"La Forêt de Mogari" est un film d'une simplicité désarmante. Une oeuvre qu'on aimerait aimer, d'une indéniable sensibilité, sur un sujet imposant d'emblée une certaine gravité. Pourtant elle peut laisser désespérément le spectateur au bord du chemin. A travers le lien avec une nature impassible et apaisante, s'effectue l'examen des coeurs meurtris de deux personnages d'abord antagonistes ayant en commun le même traumatisme, un deuil inaccompli.

Naomi Kawase, forte de ses expériences de photographe et de documentariste, filme caméra à l'épaule la rencontre de ces deux êtres et leur parcours pour exorciser le mal qui les ronge. Le dispositif d'enregistrement du réel est si au point que les repères sont vite troublés entre fiction et documentaire. A intervalle régulier, l'imposante nature est représentée sous la forme de plans fixes scrutant le vent, la lumière, les ombres. En dehors de ces rares respirations, la caméra est un troisième personnage collant de très près aux protagonistes. Cette présence devient vite trop évidente et gênante, elle se double paradoxalement d'une absence de mise en scène, à l'exception de quelques rares décadrages. On se retrouve dans une position inconfortable, se demandant où commence la fiction. Les personnages principaux portent d'ailleurs le nom des acteurs, comme pour ajouter à la "confusion". Seules deux apparitions fantomatiques viennent confirmer le caractère fictionnel. Dans la difficulté de cerner les éléments constitutifs de la fiction, dans cette quête de vérisme absolu renforcée par une interprétation naturaliste sans failles, se trouve le noeud de l'appréhension du film, et la distanciation d'un spectateur à qui on ne semble proposer que le rôle de suiveur. Le refus des artifices est tel que les rares utilisations de la musique, ou les apparitions fantomatiques sonnent faux, presque apprêtées et maladroites.

Le film est dans un déséquilibre constant entre un réalisme forcené et des touches de fiction trop voyantes. Kitano arrivait dans la plupart de ses films et en particulier dans "Hana-Bi", à éviter l'écueil de l'épure qui laisse trop vagabonder le spectateur. "La Forêt de Mogari" se repose trop sur la solennité de son sujet et sur une méfiance de la fausse réalité du cinéma. La conséquence est un trop plein de neutralité. Une cruelle distance vient alors empêcher toute relation.


LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

CRITIQUES SPECTATEURS

TOUTES LES CRITIQUES

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Nicolas Thys :

Star Rating 7
Simple, sensible et troublant.

Sandy Gillet :

Star Rating 7


250111/12/2007 16:05 par 2501

Chouette un jeu :fou: C’est surtout un sacré marronnier de la discussion ciné. :D Où j’aime particulièrement m’engouffrer. :lol: Bon, c’était la valeur ajoutée (à l’arrache :D ) d’une critique déjà publiée sur le site. Mais maintenant c’est malin j’ai plus le temps. Je peux juste dire que je trouve cette liste très [...] LIRE LA SUITE
M'sieur Jean11/12/2007 15:55 par M'sieur Jean

Une constatation, comme ça. Le sujet solennel, la nature, l’exotisme, le côté naturaliste… De plus en plus dans ces festivals il ne s’agit plus de récompenser des films de qualité exceptionnelle mais avant tout de tourner autour des mêmes sujets, styles, qui leur plaisent. Re-jète un coup d’oeil sur les [...] LIRE LA SUITE
250111/12/2007 15:10 par 2501

Très constructif comme remarque Ca tombe juste sous le sens. Une constatation, comme ça. Le sujet solennel, la nature, l’exotisme, le côté naturaliste… De plus en plus dans ces festivals il ne s’agit plus de récompenser des films de qualité exceptionnelle mais avant tout de tourner autour des mêmes sujets, styles, qui leur [...] LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Newsletter