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Critique
Ce qui fait l'intérêt définitif de "Juno", c'est le personnage de la jeune fille elle-même, qu'elle soit ou non enceinte, qu'elle décide ou non de garder son bébé, qu'elle le confie ou non à une autre. Et ce qui compte dans le personnage de Juno, c'est justement que c'est un "personnage", et ce genre de "personnage" qu'on ne recontre que dans les films.
Un "personnage", c'est un acteur + un rôle. Et tout est dans le "+". Ici, toute la saveur du film est dans la relation entre l'actrice et le rôle qu'elle joue. Des dialogues totalement surréalistes, décalés, savoureux, insupportables, d'une espèce rare d'intellectualisme délurée, de sagesse désinvolte, pleins de sensibilité amère et de lucidité fantasque, tout cela joué par une adolescente sympathique avec le plus grand naturel du monde, une simplicité et une évidence totalement invraisemblable, et donc totalement enthousiasmante.
Tous les autres personnages sont eux aussi, d'une certaine manière, des faire-valoir de cette anomalie rigolotte et attachante, pénible et séduisante, qui a pour elle - parce qu'elle est fondamentalement impossible - de ne ressembler à personne : Juno est une chimère. Et c'est ce décalage entre la "femme" qui a écrit le scénario et la "fille" qui incarne le personnage qui aboutit tout naturellement à en faire une "fille femme", c'est-à-dire une adolescente enceinte, actrice à l'extérieure et scénariste à l'intérieure. C'est aussi pourquoi elle ne peut pas garder cet enfant pour elle : comme si les paroles n'appartenaient à l'actrice que le temps d'un film, la femme n'est dans la fille que pour un temps : à la fin tout redevient normal, la femme tient dans ses bras son fils premier né ; la fille chante faux une chanson de teenager avec son boyfriend.
Un "personnage", c'est un acteur + un rôle. Et tout est dans le "+". Ici, toute la saveur du film est dans la relation entre l'actrice et le rôle qu'elle joue. Des dialogues totalement surréalistes, décalés, savoureux, insupportables, d'une espèce rare d'intellectualisme délurée, de sagesse désinvolte, pleins de sensibilité amère et de lucidité fantasque, tout cela joué par une adolescente sympathique avec le plus grand naturel du monde, une simplicité et une évidence totalement invraisemblable, et donc totalement enthousiasmante.
Tous les autres personnages sont eux aussi, d'une certaine manière, des faire-valoir de cette anomalie rigolotte et attachante, pénible et séduisante, qui a pour elle - parce qu'elle est fondamentalement impossible - de ne ressembler à personne : Juno est une chimère. Et c'est ce décalage entre la "femme" qui a écrit le scénario et la "fille" qui incarne le personnage qui aboutit tout naturellement à en faire une "fille femme", c'est-à-dire une adolescente enceinte, actrice à l'extérieure et scénariste à l'intérieure. C'est aussi pourquoi elle ne peut pas garder cet enfant pour elle : comme si les paroles n'appartenaient à l'actrice que le temps d'un film, la femme n'est dans la fille que pour un temps : à la fin tout redevient normal, la femme tient dans ses bras son fils premier né ; la fille chante faux une chanson de teenager avec son boyfriend.


