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Critique
Wes Anderson revient, comme à l’accoutumée, avec un petit manège familial. Cette fois sous la forme d’un "rail-movie", A bord du Darjeeling Limited.
Aux films du samedi soir, divertissements sexy et violents, séries B aux formules éprouvées, Wes Anderson semble préférer ceux du dimanche après-midi, comédies légères sur des sujets qui le sont moins. Pas tout à fait ce qu’on appelle du feel good movie, mais un univers à part entière, d’une esthétique de BD colorée aux bons mots savamment récités, enrobés d’une atmosphère insolite et incongrue. Après les aventures cousteauesques de La Vie aquatique, la touche indienne de Darjeeling apporte à cette histoire de trois frères en quête de liens familiaux un contexte décalé, jamais dans l’exotisme de pacotille, ni dans la révérence trop appuyée.
Nos originaux, chacun avec son caractère bien trempé, vont apprendre à se retrouver après le deuil de leur père, sur la route d’une pieuse mère qui ne les attend pas. Il faut rentrer dans cet univers dès le départ sous peine de rester, comme Bill Murray en caméo rigolo, sur le quai de la gare. La mise en scène aux cadres très étudiés évite comme la peste une grammaire classique de champs-contrechamps. Sans être virtuose, cette réalisation est un vrai petit plaisir visuel, de panos rapides en plans-séquences millimétrés sur les fenêtres du train. La bande-son n’est pas en reste, de folklore local en tubes en tous genres (jusqu’à Joe Dassin). Nos trois héros, enfin, sont interprétés avec une égale justesse par un trio de luxe.
Le film force un peu ce genre d’énumération de qualités, chacune semblant plus forte que leur somme. Là est la limite d’un spectacle qui ressemble un peu trop à un dispositif bien huilé : prendre le risque de rendre ses composants plus charmants et inattendus que l’intrigue elle-même. C’est aussi le parallèle adéquat avec les voyages, qui comme les relations nous unissant à notre famille ou nos amis, ne peuvent se contenter de péripéties et d’itinéraires pré-établis.
Aux films du samedi soir, divertissements sexy et violents, séries B aux formules éprouvées, Wes Anderson semble préférer ceux du dimanche après-midi, comédies légères sur des sujets qui le sont moins. Pas tout à fait ce qu’on appelle du feel good movie, mais un univers à part entière, d’une esthétique de BD colorée aux bons mots savamment récités, enrobés d’une atmosphère insolite et incongrue. Après les aventures cousteauesques de La Vie aquatique, la touche indienne de Darjeeling apporte à cette histoire de trois frères en quête de liens familiaux un contexte décalé, jamais dans l’exotisme de pacotille, ni dans la révérence trop appuyée.
Nos originaux, chacun avec son caractère bien trempé, vont apprendre à se retrouver après le deuil de leur père, sur la route d’une pieuse mère qui ne les attend pas. Il faut rentrer dans cet univers dès le départ sous peine de rester, comme Bill Murray en caméo rigolo, sur le quai de la gare. La mise en scène aux cadres très étudiés évite comme la peste une grammaire classique de champs-contrechamps. Sans être virtuose, cette réalisation est un vrai petit plaisir visuel, de panos rapides en plans-séquences millimétrés sur les fenêtres du train. La bande-son n’est pas en reste, de folklore local en tubes en tous genres (jusqu’à Joe Dassin). Nos trois héros, enfin, sont interprétés avec une égale justesse par un trio de luxe.
Le film force un peu ce genre d’énumération de qualités, chacune semblant plus forte que leur somme. Là est la limite d’un spectacle qui ressemble un peu trop à un dispositif bien huilé : prendre le risque de rendre ses composants plus charmants et inattendus que l’intrigue elle-même. C’est aussi le parallèle adéquat avec les voyages, qui comme les relations nous unissant à notre famille ou nos amis, ne peuvent se contenter de péripéties et d’itinéraires pré-établis.

