À bord du Darjeeling Limited

Darjeeling limited (The)

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04 sep. 2007 Par Julien Foussereau Star Rating 8

 

Du haut de ses 38 ans,  Wes Anderson s'affirme tranquillement comme un des auteurs les plus singuliers et cohérents du cinéma américain de ces dix dernières années. La fascination pour son univers mi-régressif mi-nostalgique a réellement démarré avec la consécration de La Famille Tenenbaum. Rétrospectivement, cette chronique bourgeoise et névrosée jusqu'à la moelle, où une fratrie pratiquait le squat à durée indéterminée chez môman pour retrouver un cocon originel, regroupait une quantité importante d'obsessions qui allait nourrir ses films ultérieurs.  D'une certaine façon, l'affirmation de Rivette selon laquelle un auteur de cinéma tend à refaire toujours le même film n'a peut-être jamais aussi bien collée à Wes Anderson dans le registre de la comédie « Famille, je vous hais (un peu) » La Vie aquatique, patchwork improbable brassant Bill Murray au top, Ziggy Stardust en brésilien,  n'a nullement contredit cet état de fait... et The Darjeeling Limited n'a pas à rougir de ses grands frères.

The Darjeeling Limited s'avère être une sorte d'Orient-Express dans lequel embarquent les frères White avec comme but plus ou moins conscient de guérir leurs dysfonctionnements internes (au sein de la fratrie) et externes (dans leur rapport au monde). Dès les premières minutes, on reconnaît la griffe Wes Anderson définie par son esthétique arrêtée dans les seventies, que même un iPod ou un ordinateur portable ne peut briser, son sens de la mécanique burlesque foirant inéluctablement mais toujours rattrapée in extremis par la psyché branlante de ses protagonistes, et bien sûr par ce Droopy humain de Bill Murray - dont la courte apparition permettant l'entrée en piste d'Adrien Brody est un vrai régal. Le plaisir que l'on prend devant The Darjeeling Limited tient moins dans le caractère inédit du film que dans son jeu intertextuel avec les autres Wes Anderson (un jeu poussé assez loin avec Hotel Chevalier, l'hilarant court-métrage présenté avant The Darjeeling...mais qui ne sera malheureusement visible que dans les festivals du monde entier et lors de la sortie DVD du film) ou ses variations dramaturgiques.

Ainsi, le traditionnel père égocentrique et castrateur devient mère et va jusqu'à se réincarner en une figure fraternelle étouffante. L'exploration avec le bateau de Steve Zissou (de La Vie aquatique) se transforme en un huis clos véloce (prompt à déclencher des gags délicieusement crétins) et le folklore new yorkais puis maritime vit à l'heure indienne. Avec The Darjeeling..., Wes Anderson incarne le meilleur de l'esprit créatif américain, ce melting-pot capable de brasser le mal-être occidental, la détresse miséreuse orientale, la musique de Satyajit Ray, le tout avec une vision burlesque, enfantine et inquiète à la fois. The Darjeeling... confirme l'immense talent du jeune texan à dérouler des récits convoquant la Tristesse pour la changer, telle une pierre philosophale, en bonheur désinvolte digne de Tintin ou des Pieds Nickelés.


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guioui15/09/2010 19:10 par guioui

Le doute m’habite. Je viens de tomber sur la version originale de 1969 de Where do you go to (My Lovely) et je me pose la question suivante : Est-ce bien Peter Sarstedt qui interprète la version que l’on entend dans Hôtel Chevalier ? J’ai beau me dire qu’il y a 40 ans [...] LIRE LA SUITE
Fha12/05/2008 20:43 par Fha

Mon film préféré de Wes Anderson. Bien écrit, une mise en scène en parfaite adéquation avec le décor et le style du road movie (car en quelque sorte s’en est un). 8/10 LIRE LA SUITE
pulpy20/04/2008 20:53 par pulpy

J’y allais avec appréhension suite à ma vision récente et indifférente de Rushmore, mais ce Darjeeling limited est une jolie comédie dramatique, aussi loufoque et burlesque que touchante, grâce principalement à ses trois interprètes, excellents en frères en quête d’amour, de pardon, et d’affection. L’esthétique est très belle aussi, avec sa [...] LIRE LA SUITE

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