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Feux rouges
Critique
Le personnage incarné brillament par Jean-Pierre Daroussin, tantôt pathétique, tantôt terrifiant, est la pierre angulaire de ce road-movie atypique, de cette nuit de dérive, de délires et de drames qu'est "Feux rouges", le nouveau long-métrage réalisé par Cédric Kahn, inspiré d'un roman de Simenon. Un homme visiblement névrosé, frustré par sa femme (archétype de la femme active et indépendante) et qui sombre dès les premières minutes du film dans une colère profonde et destructrice, avec en toile de fond la consommation "boulimique" d'alcool et la délinquance routière.
Kahn parvient à construire une atmosphère sombre, poisseuse, rappelant parfois les meilleurs moments d'un film de David Lynch, tout en dévellopant intelligement et subtilement les différentes composantes constituant un script riche et rudement bien ficelé. Il instille une sensation de malaise quasi-palpable du début à la fin du film.
Le spectateur est littéralement réquisitionné comme témoin de cette dérive nocturne et les interrogations qui s'accumulent tout au long du film ne sont là que pour mieux nous péter à la gueule dans un final renversant, ambigu et limite malsain (en révéler plus serait un sacrilège).
L'unique bémol porté à cette réussite se situe dans le fait que le script ne parvient pas à éviter certaines invraisemblances et autres maladresses (la gênante scéne du téléphone).
Mais cela ne constitue qu' un mince écueil car "Feux rouges" est également une réussite sur le plan formel. La mise en scéne est intelligente, prenante, dynamique et d'une grande maîtrise. Avec une énergie étonnante, Kahn restitue brillament la tension portée par le script. Les interpètes sont sans exception formidables, au sommet de leur art, avec, en premier lieu la sidérante prestation de Jean-Pierre Daroussin, ici dans un de ses rôles les plus mémorables.
"Feux rouges" est donc un bijou noir à l'atmosphère tendue et prenante, d'une richesse incroyable et d'une ambiguïté réjouissante. Accessoirement, c'est également l'un des meilleurs film français de ces dernières années.
Kahn parvient à construire une atmosphère sombre, poisseuse, rappelant parfois les meilleurs moments d'un film de David Lynch, tout en dévellopant intelligement et subtilement les différentes composantes constituant un script riche et rudement bien ficelé. Il instille une sensation de malaise quasi-palpable du début à la fin du film.
Le spectateur est littéralement réquisitionné comme témoin de cette dérive nocturne et les interrogations qui s'accumulent tout au long du film ne sont là que pour mieux nous péter à la gueule dans un final renversant, ambigu et limite malsain (en révéler plus serait un sacrilège).
L'unique bémol porté à cette réussite se situe dans le fait que le script ne parvient pas à éviter certaines invraisemblances et autres maladresses (la gênante scéne du téléphone).
Mais cela ne constitue qu' un mince écueil car "Feux rouges" est également une réussite sur le plan formel. La mise en scéne est intelligente, prenante, dynamique et d'une grande maîtrise. Avec une énergie étonnante, Kahn restitue brillament la tension portée par le script. Les interpètes sont sans exception formidables, au sommet de leur art, avec, en premier lieu la sidérante prestation de Jean-Pierre Daroussin, ici dans un de ses rôles les plus mémorables.
"Feux rouges" est donc un bijou noir à l'atmosphère tendue et prenante, d'une richesse incroyable et d'une ambiguïté réjouissante. Accessoirement, c'est également l'un des meilleurs film français de ces dernières années.


