Coco Chanel & Igor Stravinsky
Chanel et Stravinsky, l'histoire secrète- PAYS :France
- ANNÉE DE PRODUCTION :2009
- DATE DE SORTIE :30 décembre 2009
- GENRE :Romance, Biographie
- DURÉE :118 MIN
- REALISATEUR : Jan Kounen
- ACTEURS :Anna Mouglalis, Mads Mikkelsen, Elena Morozova, Natacha Lindinger, Grigori Manukov
- DISTRIBUTEUR :Wild Bunch Distribution
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
Etrange expérience que ce quatrième film de Jan Kounen... Difficile à appréhender, Coco Chanel et Igor Stravinsky semble se dérober comme ses personnages, au fur et à mesure qu'un récit de sensations les rapproche puis les sépare. On n'imaginait pas l'enfant terrible du cinéma français, arrivé en ruant dans les brancards avec le mal élevé (et mal branlé) Dobermann, aux rênes d'un biopic sur non pas une mais deux personnalités importantes. Quelques mois seulement après un premier film sur Chanel, très grosse production française avec la star Audrey Tautou, Kounen prend le pari totalement opposé en ne livrant que la tranche de vie consacré à l'histoire d'amour entre les deux artistes.
Un raccourci facile fera à n'en pas douter passer ce film aérien et élégant pour de l'académisme sous le seul prétexte que son réalisateur s'est soudainement calmé dans les artifices de mise en scène. On sait que Kounen, malgré son cinéma aux airs rebelles, a la carte puisqu'il a quand même à son actif un coup d'éclat initial, la réalisation d'un rêve de gosse avec son trip très personnel Blueberry, des documentaires dans une veine psychotrope-humaniste et enfin l'adaptation d'un best-seller antisocial hype. Un vrai produit du capitalisme qui sait récupérer les trublions à sa cause. Mais Kounen est attachant, car il fait avant tout un cinéma humain, sincère, blindé de défauts mais ambitieux, et doté d'un talent visuel indéniable. Voilà qui tranche dans notre pépère production nationale. Surtout, à l'inverse d'un Kassovitz, et même s'il n'a peut-être pas encore réalisé un film du calibre de la Haine, il ne déçoit pas et trace sa voie sereinement en variant ses choix et en faisant évoluer son style.
De boursouflé son cinéma devient élégant et raffiné, ce qui n'est pas la moindre surprise d'un film à l'auteur apaisé, passé dans l'autre monde à coup de drogues tropicales depuis sa non-adaptation de Blueberry. On peut en rire mais son expérience chamanique porte ses fruits et se voit à l'écran ! Un peu trop dans un générique qui semble nous refaire le coup des hallucinations synthétiques de son western psyché à coups de motifs mouvants et hypnotisants, pour mieux nous cueillir par la suite avec une ouverture tout en plan-séquences racés, retraçant la présentation du Sacre du Printemps. L'entame est envoûtante, les deux artistes ne se croisent pas, mais grâce à la mise en scène à la fois ample et intime ils sont déjà en communion. Kounen croit au cinéma, au pouvoir de l'image, et ne fera que peu de concession au genre biopic, ni même au mélodrame.
Après cette intense mise en bouche, le film déploie la relation Coco/Igor comme un vampirisme passionnel qui sert chacun de ces deux monstres de création, un état d'amour émulation temporaire, tout entier concentré dans un lieu isolé, une maison de campagne et ses jardins. Peu de dialogues, peu de faits (la création du parfum n°5, Tchaïkovsky fiévreusement attelé à son piano), Kounen peu à peu épure son film et laisse la toute puissance évocatrice aux images et à des acteurs figures plutôt qu'interprètes. On pense souvent à un Nouveau monde de poche, peinant bien sûr à approcher la grâce du cinéma de Terrence Malick. Le couple Anna Mouglalis / Mads Mikklesen est magnétique, mais n'a pas grand-chose à défendre. Le feu de la création n'est pas bien retranscrit, presque absent, et le film tourne court. Trop froid, trop sûr de sa forme il finit par s'éteindre tout doucement, à l'image de cette relation.
Le rendez-vous semble raté avec ces personnages et leur exaltation créative commune, pourtant, Coco et Igor laisse une impression tenace, celle d'un cinéaste qui ose en France faire davantage confiance au cinéma qu'à la littérature. Il lui faudra trouver un délicat équilibre avec le fond pour transformer l’essai, mais mieux vaut une belle tentative de cinéma qu’une biographie pour sortie scolaire.
Un raccourci facile fera à n'en pas douter passer ce film aérien et élégant pour de l'académisme sous le seul prétexte que son réalisateur s'est soudainement calmé dans les artifices de mise en scène. On sait que Kounen, malgré son cinéma aux airs rebelles, a la carte puisqu'il a quand même à son actif un coup d'éclat initial, la réalisation d'un rêve de gosse avec son trip très personnel Blueberry, des documentaires dans une veine psychotrope-humaniste et enfin l'adaptation d'un best-seller antisocial hype. Un vrai produit du capitalisme qui sait récupérer les trublions à sa cause. Mais Kounen est attachant, car il fait avant tout un cinéma humain, sincère, blindé de défauts mais ambitieux, et doté d'un talent visuel indéniable. Voilà qui tranche dans notre pépère production nationale. Surtout, à l'inverse d'un Kassovitz, et même s'il n'a peut-être pas encore réalisé un film du calibre de la Haine, il ne déçoit pas et trace sa voie sereinement en variant ses choix et en faisant évoluer son style.
De boursouflé son cinéma devient élégant et raffiné, ce qui n'est pas la moindre surprise d'un film à l'auteur apaisé, passé dans l'autre monde à coup de drogues tropicales depuis sa non-adaptation de Blueberry. On peut en rire mais son expérience chamanique porte ses fruits et se voit à l'écran ! Un peu trop dans un générique qui semble nous refaire le coup des hallucinations synthétiques de son western psyché à coups de motifs mouvants et hypnotisants, pour mieux nous cueillir par la suite avec une ouverture tout en plan-séquences racés, retraçant la présentation du Sacre du Printemps. L'entame est envoûtante, les deux artistes ne se croisent pas, mais grâce à la mise en scène à la fois ample et intime ils sont déjà en communion. Kounen croit au cinéma, au pouvoir de l'image, et ne fera que peu de concession au genre biopic, ni même au mélodrame.
Après cette intense mise en bouche, le film déploie la relation Coco/Igor comme un vampirisme passionnel qui sert chacun de ces deux monstres de création, un état d'amour émulation temporaire, tout entier concentré dans un lieu isolé, une maison de campagne et ses jardins. Peu de dialogues, peu de faits (la création du parfum n°5, Tchaïkovsky fiévreusement attelé à son piano), Kounen peu à peu épure son film et laisse la toute puissance évocatrice aux images et à des acteurs figures plutôt qu'interprètes. On pense souvent à un Nouveau monde de poche, peinant bien sûr à approcher la grâce du cinéma de Terrence Malick. Le couple Anna Mouglalis / Mads Mikklesen est magnétique, mais n'a pas grand-chose à défendre. Le feu de la création n'est pas bien retranscrit, presque absent, et le film tourne court. Trop froid, trop sûr de sa forme il finit par s'éteindre tout doucement, à l'image de cette relation.
Le rendez-vous semble raté avec ces personnages et leur exaltation créative commune, pourtant, Coco et Igor laisse une impression tenace, celle d'un cinéaste qui ose en France faire davantage confiance au cinéma qu'à la littérature. Il lui faudra trouver un délicat équilibre avec le fond pour transformer l’essai, mais mieux vaut une belle tentative de cinéma qu’une biographie pour sortie scolaire.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 18/04/2011 14:23 par Reznik Putain c’que c’est chiant ! :x
N’en déplaise aux tendances homo-érotiques du sieur Reznik envers Mads Mikkelsen, la prestation monolithique du scandinave ne suffit pas à montrer correctement les tourments intérieurs de la création et de l’amour impossible.
Homophobe. :grumpy:
LIRE LA SUITE | |
| 04/04/2011 14:02 par Zorg Putain c’que c’est chiant ! :x
N’en déplaise aux tendances homo-érotiques du sieur Reznik envers Mads Mikkelsen, la prestation monolithique du scandinave ne suffit pas à montrer correctement les tourments intérieurs de la création et de l’amour impossible.
Kounen se regarde filmer (notez que le générique en kaléïdoscope monochromatique prévient sur la [...] LIRE LA SUITE | |
| 27/01/2010 23:34 par Reznik C’était vachement bien et j’en suis le 1er surpris (n’ayant à battre ni de l’une ni de l’autre figure).
On découvre un autre Kounen, plus sûr de lui et de ses choix narratif, moins porté sur l’esbroufe mais au talent certain.
Et Mikkelsen putain… Mikkelsen ! Ce mec déchire tout !
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