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Critique
Fort commode est la poésie car on peut l’aimer sans rien y comprendre.
Il en va de même pour le cinéma poétique. Un cinéma éminemment intime autant que foncièrement égoïste (le poète est asocial par essence) et hermétique susceptible d’engendrer la fascination comme l’ennui profond.
Les Cendres du temps de Wong Kar-Wai est un poème filmé qui emprunte au film de sabre asiatique ses apparats et qui peint, sans la relater, l’histoire cyclique -donc intemporelle- d’un marginal vivant perché sur sa montagne et que divers hommes et femmes viennent consulter, chaque saison.
Plusieurs historiettes se succèdent ainsi, liées l’une à l’autre par quelque élément, humain ou matériel, futile ou essentiel.
Le réalisateur parle de tout et de rien, évoque le temps, la mémoire, l’amour, l’honneur, le pardon en s’étendant sur des détails et en passant très vite sur le principal.
Au (dis)crédit du film il faut évoquer sa luxueuse enveloppe. Les images sont aussi sublimes que muettes, elles éblouissent beaucoup et transmettent peu. Reconnaissons que ponctuellement (à l’occasion des joutes armées surtout) Wong K-W parvient à enivrer par la vigueur, l’aisance, la virtuosité de sa mise en scène.
Mais le temps (ce traître) dissipe la magie et révèle un manque de renouvellement graphique.
Car voilà, la narration, certes ample et audacieuse est également engourdie par la superposition de sous intrigues et de personnages, maltraitée par les flash-back et affaiblie par l’inertie de ses tunnels de dialogue.
Elle réfrène l’implication émotionnelle et contribue à endiguer Les Cendres du temps dans sa gracieuse suffisance.
Il en va de même pour le cinéma poétique. Un cinéma éminemment intime autant que foncièrement égoïste (le poète est asocial par essence) et hermétique susceptible d’engendrer la fascination comme l’ennui profond.
Les Cendres du temps de Wong Kar-Wai est un poème filmé qui emprunte au film de sabre asiatique ses apparats et qui peint, sans la relater, l’histoire cyclique -donc intemporelle- d’un marginal vivant perché sur sa montagne et que divers hommes et femmes viennent consulter, chaque saison.
Plusieurs historiettes se succèdent ainsi, liées l’une à l’autre par quelque élément, humain ou matériel, futile ou essentiel.
Le réalisateur parle de tout et de rien, évoque le temps, la mémoire, l’amour, l’honneur, le pardon en s’étendant sur des détails et en passant très vite sur le principal.
Au (dis)crédit du film il faut évoquer sa luxueuse enveloppe. Les images sont aussi sublimes que muettes, elles éblouissent beaucoup et transmettent peu. Reconnaissons que ponctuellement (à l’occasion des joutes armées surtout) Wong K-W parvient à enivrer par la vigueur, l’aisance, la virtuosité de sa mise en scène.
Mais le temps (ce traître) dissipe la magie et révèle un manque de renouvellement graphique.
Car voilà, la narration, certes ample et audacieuse est également engourdie par la superposition de sous intrigues et de personnages, maltraitée par les flash-back et affaiblie par l’inertie de ses tunnels de dialogue.
Elle réfrène l’implication émotionnelle et contribue à endiguer Les Cendres du temps dans sa gracieuse suffisance.


