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Critique
"Milou en mai" a des allures d'oeuvre testamentaire : Milou, ça pourrait être Louis Malle portant un regard d'enfant sur la vie, qu'il quittera 5 ans plus tard.
Chez Malle, l'enfance est un état, mais aussi une étape décisive de la vie. Certains plans, certains personnages de "Milou en mai" ramènent à des films antérieurs de Malle : ici, Milou se laissant "troubler" par les jambes dénudées de sa petite-fille pré-adolescente (on pense alors au "Souffle au coeur" [1971] ou à "La Petite" [1978]) ; là, cette même gamine, dont l'allure et l'insolence ne sont pas sans évoquer "Zazie dans le métro" (1960).
"Milou en mai" prend son temps, empruntant plusieurs chemins, quitte à se perdre parfois. Mais il y gagne un charme bucolique et un ton libre. On suit une famille de bourgeois qui se déchirent autour d'un héritage. A cela, s'ajoutent les événements de Mai 68, qui achèvent de déclencher les rancoeurs des uns, les craintes des autres. Dommage que la suite du film ne tienne pas les promesses d'une première demi-heure très emballante : le rythme s'essouffle, surtout quand nos bourgeois fuient de manière absurde (façon Buñuel et "Le Charme discret de la bourgeoisie" [1972], qui partage d'ailleurs avec "Milou en mai" le même excellent co-scénariste : Jean-Claude Carrière). Sur la fin, le film semble tourner à vide.
Mais il y a ce casting impeccable, où trônent une Miou-Miou irrésistible en pimbêche intéressée et un Michel Piccoli génial et lunaire, dans le rôle de Milou, sorte de vieux gamin très attachant.
A leurs côtés, Dominique Blanc (en lesbienne revêche) et Bruno Carette (en camionneur obsédé) font des étincelles. Valérie Lemercier arrive trop tard (quelles scènes merveilleuses elle aurait pu avoir !).
"Milou en mai" reste donc un film tout à fait recommandable. Dans ses moments les plus beaux (qui sont aussi les plus simples), le temps est comme suspendu : ce sont surtout les scènes de nature, assez renoiriennes, qui fleurent bon le bonheur et la liberté.
Chez Malle, l'enfance est un état, mais aussi une étape décisive de la vie. Certains plans, certains personnages de "Milou en mai" ramènent à des films antérieurs de Malle : ici, Milou se laissant "troubler" par les jambes dénudées de sa petite-fille pré-adolescente (on pense alors au "Souffle au coeur" [1971] ou à "La Petite" [1978]) ; là, cette même gamine, dont l'allure et l'insolence ne sont pas sans évoquer "Zazie dans le métro" (1960).
"Milou en mai" prend son temps, empruntant plusieurs chemins, quitte à se perdre parfois. Mais il y gagne un charme bucolique et un ton libre. On suit une famille de bourgeois qui se déchirent autour d'un héritage. A cela, s'ajoutent les événements de Mai 68, qui achèvent de déclencher les rancoeurs des uns, les craintes des autres. Dommage que la suite du film ne tienne pas les promesses d'une première demi-heure très emballante : le rythme s'essouffle, surtout quand nos bourgeois fuient de manière absurde (façon Buñuel et "Le Charme discret de la bourgeoisie" [1972], qui partage d'ailleurs avec "Milou en mai" le même excellent co-scénariste : Jean-Claude Carrière). Sur la fin, le film semble tourner à vide.
Mais il y a ce casting impeccable, où trônent une Miou-Miou irrésistible en pimbêche intéressée et un Michel Piccoli génial et lunaire, dans le rôle de Milou, sorte de vieux gamin très attachant.
A leurs côtés, Dominique Blanc (en lesbienne revêche) et Bruno Carette (en camionneur obsédé) font des étincelles. Valérie Lemercier arrive trop tard (quelles scènes merveilleuses elle aurait pu avoir !).
"Milou en mai" reste donc un film tout à fait recommandable. Dans ses moments les plus beaux (qui sont aussi les plus simples), le temps est comme suspendu : ce sont surtout les scènes de nature, assez renoiriennes, qui fleurent bon le bonheur et la liberté.


