Control

Control, États-Unis, 2006

Control
3,9
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Critique

25012501 05 oct. 2007 Star Rating 6
Control est un biopic hors du commun traitant... du poids du quotidien. Anton Corbijn nous livre un portrait de Ian Curtis, leader du groupe Joy Division, bien loin de l'académisme qui plombe d'ordinaire le genre.

Le choix de traiter l'errance du personnage plutôt que d'adopter une structure plus classique vient aussi de la courte durée de sa carrière. C'est clairement un atout si le spectateur vient chercher un peu de nouveauté, un chemin moins balisé que d'habitude. Le film séduit donc très vite par le mélange contexte "loachien" et une esthétique très affirmée. Corbijn ne surprend pas de ce côté-là : les cadrages sont impeccables et la photo charbonneuse et contrastée impressionne la rétine. Une sensation pas désagréable de roman photo se dégage de Control, amplifiée par la courte durée des séquences. Une incapacité du cinéaste à jouer sur la durée (?) qui joue en faveur du rythme d'un film qui traite plus du quotidien du jeune chanteur que de sa carrière. Même si les liens sont faits par les paroles des chansons, ce sont les mornes rues et pièces d'une ville grise qui occupe la plus grande place ici. Un environnement inconfortable qu'on ne peut quitter. Des responsabilités familiales trop tôt endossées qu'on ne peut pas plus lâcher. Des crises d'épilepsie qui rajoute la perte de contrôle physique à celle des émotions.

Les stars se suicident parfois pour des raisons très communes, banales. Et Sam Riley totalement possédé incarne le chanteur d'une manière tout à fait stupéfiante. Mais froide. A cause d'une mise en scène très extérieure, de séquences qui ne vivent jamais assez, d'un point de vue qui n'évolue pas, de répétitions et surtout d'une longueur excessive, Control finit par lasser avant de se terminer d'une façon totalement clichée (sans mauvais jeu de mot) et surtout bien ratée. Tout devient prévisible plan par plan, d'une maladresse totale, comme si Corbijn abandonnait son sujet. Perte de contrôle qui fait écho au personnage ? Ce serait lui faire bien trop d'honneur que de pousser l'analyse jusque-là.
On peut se laisser bercer par les belles images, la musique, la captation ouatée d'une période que le réalisateur a connue. Mais concernant le jeune garçon trop tôt transformé en homme, l'émotion ne passe jamais.

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