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Charly
Critique
De cette histoire sur l'adolescence se détache avant tout une histoire de famille. Celle de la cinéaste, comédienne, artiste complète Isild Le Besco, une famille de cinéma. Qui vit par celui-ci et filme ce qu'elle vit. On adhère ou on n'adhère pas à ces considérations triviales sur « la grande famille du cinéma » et de ses relents de mafia, de pouvoir tout puissant dont, bien avant que la salle s'éteigne et que l'écran s'illumine, le spectateur se sent exclu.
A l'origine de ce second film, après Demi-tarif en 2004, la
volonté d'Isild Le Besco de capturer les derniers accès d'enfance de son jeune
frère Kolia. Il interprète ici Nicolas, adolescent légume, monolithique
accessible mais jamais malléable et qui se laisse porter vers un rêve, alors
qu'il se rend compte qu'il n'en avait pas vraiment. Son périple le mène en
Bretagne où il fait la connaissance de Charly, prostituée sans âge mais encore
marquée par l'enfance. Celle-ci ne vit que par l'habitude et protège son
existence de maniaqueries de maîtresse de maison. Leur rencontre est éphémère
et simple, d'une pureté dure, à l'image de Charly que Julie Marie Parmentier
transcende physiquement. Elle « devient » le fantôme blanc et roux du
passage et de passage.
Tourné dans des conditions particulières, pendant deux
semaines de voyage en équipe réduite et sans volonté de faire jouer
véritablement ses acteurs, l'expérience Charly est certainement plus aboutie
que l'on pourrait penser de prime abord. Il s'en dégage une sensation
d'animalité brute, un vent froid qui glace les sangs sans en comprendre
vraiment la cause. Impossible cependant de le conseiller à tous, tant le film
dépasse les simples notions de long-métrage de cinéma pour accéder au statut
« d'œuvre d'art ».


