Un prophète

Un prophète




08 aoû. 2011 Par DJ Fest Star Rating 9

 

Un Prophète a donc bien mérité sa moisson de Césars. Récit initiatique dur et touchant, MIP ultime, film de gangster sanglant, le film de Jacques Audiard est tout ça et plus encore, une véritable exception dans un paysage audiovisuel français décidément bien maussade.

Exception du point de vue de l'interprétation d'abord, tout simplement hallucinante de justesse. Tahar Rahim en tête bien sûr : il suffit de voir la scène du premier acte au cours de laquelle il comprend qu'il va devoir tuer un homme ; la panique, l'envie de pleurer, l'impression qu'il se retrouve coincé en enfer, c'est tout cela qui apparaît soudain sur son visage, et c'est très fort. Mais il y a aussi Niels Arestrup, incroyable en parrain corse qui alterne douceur et accès de rage, et Adel Bencherif, dont les échanges avec Rahim semblent tout simplement tirés du réel. A ce niveau-là, c'est du jamais vu depuis très longtemps dans un film français.

Exception ensuite côté mise en scène. Là encore, on ne le répétera jamais assez, la liberté naît des contraintes, et Audiard a été particulièrement inspiré de faire construire ses décors "en dur", s'obligeant ainsi à limiter ses axes de caméra et donc la perspective offerte au spectateur. En résulte un sentiment oppressant, qui naît dès les premiers instants durant lesquels Malik est conduit en prison (plans très serrés, vision bouchée). Rarement film nous aura aussi rapidement mis dans les pompes d'un personnage, si bien que l'on ressent physiquement la panique du héros face à un environnement nouveau et proprement terrifiant. A ce titre, Un Prophète est un film extrêmement dur, dans lequel les quelques excès de violence semblent si réels qu'ils en deviennent vraiment choquants et douloureux. Audiard aère cependant parfois son film, soit en élargissant (un peu) la perspective de son héros, homme au visage d'enfant qui s'illumine alors l'espace d'un instant, soit en y introduisant une dimension onirique, qui pourrait paraître "auteurisante" si elle n'était pas utilisée avec une telle parcimonie. Et puis, surtout, à ce niveau de maîtrise, le réal peut se permettre ce qu'il veut, il a déjà gagné son pari. Et quel final !

Vraiment un choc donc, et un putain de bon film.


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Flavien Bellevue :

Star Rating 9

Stéphane Argentin :

Star Rating 9
Non le cinéma français n’est pas mort. Il est simplement séquestré et ne demande qu’à être libéré par des auteurs de la trempe d’Audiard. Un prophète qui frise la perfection à tous points de vue et montre la voie à suivre.

Sandy Gillet :

Star Rating 9
Un très grand film, le meilleur d’Audiard à date, ce qui n’est pas rien et le place implicitement au sommet de ce qui se fait de mieux en France et ailleurs !

Didier Verdurand :

Star Rating 8

Nicolas Thys :

Star Rating 8

Ilan Ferry :

Star Rating 8
Audiard transpose son cycle de la violence dans l’enfer carcéral et déroule une fresque criminelle à échelle humaine. Moins émouvant que De Battre mon cÅ“ur s’est arrêté mais d’une grande puissance évocatrice. C’est peut être ça, après tout, la marque d’un grand film.

Laurent Pécha :

Star Rating 8
Audiard appartient à une espèce de cinéastes rares en France : celle dont on aime chaque film. Ça s’appelle la maîtrise de son sujet et la sensibilité de l’artiste. Encore tout simplement !

Bruno Laurent :

Star Rating 8


Zorg09/11/2010 11:48 par Zorg

Vu hier soir. Bon film. Content de l’avoir vu. Bien filmé, bien interprété, et surtout excellemment écrit. Bonne ambiance sonore aussi (même si le mode semi-sourdine sur l’ampli pour éviter de réveiller la poupette nuit un peu parfois), comme le soulignait Dod. En fait, ce film met brillamment en avant les vertus [...] LIRE LA SUITE
tenia25/02/2010 20:26 par tenia

Il avait quand même réussi à élire Amistard meilleur film de 1997. :$oufti: Je t’arrête tout de suite : tous les Spielberg sans exception depuis 1997 sont dans ses tops. Tous. Y compris des films qu’il a pas fait (1998 - 08. Out of Sight (Steven Spielberg)) :D LIRE LA SUITE
dodeskaden25/02/2010 13:40 par dodeskaden

Faudrait l’inviter sur le forum, il explose la gueule de tous les iconoclastes de ces lieux. les icono… quoi ? :gratte: LIRE LA SUITE

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